dimanche 25 mars 2018

Masse Critique Babelio: Un bon parti de Curtis Sittenfeld.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Et voilà, j’ai enfin repris mes bonnes habitudes après des semaines passées la main dans le plâtre et je suis heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un article qu’il me tardait d’écrire : ma présentation du roman Un bon parti, de Curtis Sittenfeld. Ce livre, que j’ai pu recevoir grâce à l’une des opérations Masse Critique de Babelio, se présente comme une nouvelle réécriture d’un roman terriblement célèbre, à savoir Pride & Prejudice de Jane Austen. Passionnée par cette autrice depuis longtemps, j’ai déjà eu plus d’une fois l’occasion de vous parler de son œuvre sur le blog et notamment de Pride & Prejudice, qui se révèle être une source inépuisable d’inspiration pour les réécritures et adaptations. J’étais donc curieuse de voir ce qu’Un bon parti pouvait bien donner… En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Les Masse Critiques de Babelio :
Comme mentionné un peu plus haut, j'ai reçu le roman Un bon parti grâce à une Masse Critique organisée par le site Babelio. Je pense que vous êtes nombreux à déjà connaître ce rendez-vous et ce site, mais pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas, Babelio est un site communautaire destiné aux amoureux de la lecture. Avis et découvertes s'y échangent sur le site ainsi que sur le forum. Très régulièrement (environ une fois par mois), Babelio organise une Masse Critique: en échange d'une critique postée sur le site, il est possible de recevoir gratuitement un livre. Je vous laisse ci dessous le lien vers le site de Babelio pour que vous puissiez y jeter un oeil! 


Qui est Curtis Sittenfeld ?
Ne changeons pas les bonnes habitudes et commençons cette chronique par une petite présentation de notre autrice du jour, Curtis Sittenfeld. Oui, ne vous laissez pas avoir par ce prénom plutôt masculin, Curtis Sittenfeld est bien une femme. Née Elizabeth Sittenfeld, elle prend pour sa carrière d’écrivaine le nom de Curtis, qui se trouve être le nom de famille de sa mère. Elle voit le jour en 1975 dans une famille comptant plusieurs enfants. Elle se passionne très tôt pour la lecture et l’écriture. Une passion qui se déclare non seulement tôt mais qui porte rapidement ses fruits : en effet, Curtis Sittenfeld se fait remarquer dès le lycée en remportant un concours d’écriture organisé par le magazine Seventeen, une revue phare chez les adolescentes américaines. En 2005, elle publie son premier roman : Prep, suivi à rythme régulier d’autres romans et nouvelles. Sa dernière parution en date est Eligible, traduit en français sous le titre Un bon parti, en 2016. Si vous avez envie d’en apprendre davantage à son sujet, je vous invite à suivre le lien ci-dessous, qui vous guidera à son site internet !


Un bon parti :
Quatrième de couverture :
La tension est palpable chez toutes les mères de Cincinnati : Chip Bingley, beau médecin, célèbre participant d'une émission de téléréalité, vient de s'installer en ville et... c'est un cœur à prendre. Elizabeth, de passage pour aider sa mère après l'accident de son père, se fiche bien de tous cette agitation, d'autant que Chip est toujours accompagné de son insupportable et suffisant collègue, Fitzwilliam Darcy. Elle tente de redresser les finances familiales en dépit d'une mère qui utilise le shopping en ligne comme psychothérapie et de ses trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents dans une maison qui part à vau-l'eau. Mais elle doit aussi veiller sur son père, qui préférerait s'enfiler un bon steak plutôt que de respecter les recommandations du médecin, et sur sa sœur Jane, en train de succomber au charme, ennuyeux mais certain, de Chip.
  
Une modernisation de Pride & Prejudice :
Lorsqu’on s’intéresse à Jane Austen et à ses œuvres, il est difficile de passer à côté des nombreuses réalisations qui en sont inspirées. Vous avez les classiques ré-éditions de ses livres agrémentées de notes toujours plus fournies ou de couvertures colorées, des versions illustrées par des artistes d’horizons variés, ou encore les incontournables adaptations cinématographiques ou télévisuelles. Mais depuis une dizaine d’années environ, le phénomène à la mode pour les classiques, dont ceux écrits par Jane Austen, c’est la réécriture. On en trouve de toutes sortes : des très sérieuses, des plus loufoques sur fond de parodie, des versions comics, modernes, ou même des crossovers mettant en scène plusieurs classiques en un.



Pride & Prejudice a fait plus d’une fois l’objet d’une réécriture, l’exemple le plus marquant de ces dernières années étant le fameux Pride & Prejudice & Zombies (que j’ai personnellement détesté) décliné sous la forme d’un roman, d’un comics et même d’un film. 
Avec Eligible, Curtis Sittenfeld reste dans cette thématique très populaire de la réécriture, mais choisit pour sa version non pas d’intégrer des créatures monstrueuses. Non, elle choisit de moderniser l’intrigue de Jane Austen pour l’adapter à notre monde actuel. Alors évidemment, vous faire toute l’analyse des éléments modernisés de ce roman ne serait pas très pertinent pour deux raisons, d’abord parce que ça me prendrait longtemps et ensuite parce que ça vous spoilerait pas mal d’éléments, mais voici tout de même quelques points pour vous donner une petite idée. 
Tout d’abord, l’âge des sœurs Bennet a été avancé. Jane et Elizabeth frôlent toutes les deux la quarantaine, là où dans le roman original elles se situaient dans la vingtaine. Cette décision, qui peut surprendre de prime abord, se révèle en réalité plutôt cohérente. Car pour l’époque de Jane Austen, l’âge de Jane et Elizabeth était considérée comme tardif pour le mariage. Aujourd’hui, dans les mœurs (même si personnellement je m’en fiche royalement), c’est la quarantaine qui parait être un âge inquiétant. 
Le caractère des sœurs a été adapté au monde contemporain. La fougue et la volonté d’indépendance de Lizzie se transcrivent par son emploi comme journaliste dans un magazine féminin où elle réalise apparemment des interviews pointues sur la condition des femmes. La douceur de Jane s’exprime à travers du yoga et de la méditation. Kitty et Lydia, décrites comme superficielles dans le roman de Jane Austen, se passionnent pour le crossfit, les régimes à la mode et le vernis à ongles. Enfin Mary, la plus isolée des sœurs Bennet, devient ici une sorte de recluse qui enchaîne les diplômes sur internet et passe son temps à étudier.
Tout en gardant des thèmes similaires à l’œuvre originale comme la question du mariage et de la position sociale, Curtis Sittenfeld introduit également des éléments plus modernes, comme la téléréalité, la question de la sexualité et de l’identité sexuelle, par exemple. Le but : explorer l’orgueil et les préjugés dans le monde des années 2010 !

Ce que j’ai pensé du livre :
Je pense que ce n’est un secret pour personne : j’adore Jane Austen. Il s’agit d’une de mes autrices de classiques préférées, et ce depuis longtemps. Il est tout naturel alors que son œuvre soit régulièrement mise à l’honneur sur le blog. Et j’aime aussi beaucoup découvrir les ré-écritures de ses ouvrages, car j’aime voir comment une même œuvre peut être explorée par des films, séries ou livres. Pour ce qui est de Pride & Prejudice, il y a du très bon (The Lizzie Bennet Diairies, par exemple, une web série très chouette disponible sur YouTube et que je vous recommande de voir sans attendre) et du moins bon (je ne vais pas revenir sur Pride & Prejudice & Zombies, je pense que vous avez compris l’idée). Quand j’ai eu l’occasion de découvrir Un bon parti, j’étais très intriguée par cet ouvrage, me demandant comment Curtis Sittenfield avait pu innover sur ce roman. Voici ce que j’en ai pensé.

Pour résumer simplement mes impressions sur Un bon parti, elles sont dans l’ensemble plutôt bonnes, mais avec tout de même quelques points qui me laissent mitigée. S’il y a des choses que j’ai bien aimées, il y en a également qui me laissent assez dubitative. Je vais donc tenter de vous expliquer tout cela de façon aussi claire que possible, en commençant par l’intrigue.

Ma première interrogation, en ce qui concernait l’intrigue, avant de commencer Un bon parti était de savoir si on allait bel et bien retrouver l’univers de Jane Austen. Si on se focalise sur l’histoire, effectivement, on la retrouve bien dans les grandes lignes. La famille Bennet, les problèmes financiers des parents, l’histoire d’amour entre Jane et Bingley, celle d’Elizabeth et de Darcy, ainsi que d’autres importants jalons de l’intrigue répondent présents. A ce niveau-là, je n’ai rien à redire : les quelques changements (et je ne parle ici de ce qu’elle a fait en terme de modernisation) opérés par Curtis Sittenfield sont plutôt mineurs et ne changent rien par rapport à ce qu’on connait de Jane Austen.

L’intrigue a un côté très divertissant avec un univers qui se veut entre Sex & the City et Bridget Jones (en tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti) dans l’humour et les univers dans lesquels évoluent les personnages. Il y a pas mal d’action, de retournements de situation, ce qui contribue à ce côté divertissant. Cependant, je tiens tout de même à noter que j’ai trouvé que le livre souffrait de nombreuses longueurs qui font un peu patiner le déroulement de l’intrigue. Certains passages (qui concernent surtout des intrigues secondaires, comme le grand nettoyage opéré par Lizzie dans la maison de ses parents ou la téléréalité) paraissent un peu interminables, si bien qu’on a hâte de passer à autre chose. C’est un peu dommage.

Quand on lit une réécriture, on espère et on s’attend également à retrouver les personnages qu’on affectionne dans l’œuvre originale. C’est ici globalement le cas, si ce n’est que les traits des personnages ont été pas mal forcis : Lizzie ne jure que par son statut de journaliste, Jane est à fond dans la méditation, et la pauvre Mary, douce et calme dans l’œuvre originale, apparait ici comme une asociale qui ne jure que par ses diplômes. Mme Bennet est encore pire que dans le livre de Jane Austen. D’un côté, tout cela contribue à donner parfois un peu plus de comique à l’intrigue. Mais de l’autre, je trouve parfois que certains personnages sont ou dénaturés ou trop peu crédibles. Je suis donc assez mitigée par le résultat final. J’ai plutôt bien aimé Jane ainsi que Mr. Bennet. En revanche, j’ai trouvé que Darcy manquait beaucoup de charisme.

J’aimerais à présent me concentrer sur la partie modernisation de l’univers de Jane Austen. Clairement, de ce côté, il y a plutôt du bon et du moins bon. Dans le positif, j’ai trouvé par exemple très cohérent de vieillir les héroïnes et d’adapter leurs centres d’intérêt au monde actuel. Que Jane fasse du yoga est une bonne idée selon moi, tout comme le fait qu’elle et sa sœur arrivent à la quarantaine. L’idée de mettre de la téléréalité avec une version fictionnelle du Bachelor n’est pas mauvaise non plus, c’est assez rigolo même si ça lasse un peu sur la fin. J’ai été plutôt séduite par ces aspects-là. En revanche, Curtis Sittenfield a également fait le choix d’aborder des sujets sérieux d’une manière malheureusement un peu bancale. Je pense principalement au fait que l’un des personnages soit trans, ou que deux personnages secondaires soient lesbiennes, ou encore à la question des couples mixtes : ce sont des sujets importants et si d’un côté j’ai trouvé ça bien d’en parler et d’incorporer ces éléments à l’intrigue, le fait que ces personnages soient surtout vus au travers du regard homophobe/transphobe/raciste de Mrs Bennet me fait me poser des questions sur le message que Curtis Sittenfield a essayé de transmettre… C’est très maladroit.

Pour conclure, Un bon parti est un roman que j’ai trouvé dans l’ensemble sympathique et divertissant. Il ne s’agit pas d’une mauvaise réécriture de Pride & Prejudice et il y a des éléments très plaisants dans cette œuvre, mais quelques petits bémols sont pour moi à noter. Je vous encourage à lire le livre pour vous faire votre propre avis, et n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire ! :)

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup !

AnGee. 

dimanche 18 mars 2018

Voldemort: Origins of the Heir (fanfilm).



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! On se retrouve aujourd’hui pour un article qui fera plaisir aux fans du sorcier à lunettes : nous allons en effet nous replonger le temps d’un article dans le monde enchanteur crée par J.K Rowling pour découvrir un film qui a beaucoup fait parler de lui au début de cette année. Ce film (ou plutôt fanfilm même) n’est autre que le long-métrage Voldemort : Origins of the Heir, disponible depuis le début du mois de Janvier sur YouTube. Projet monté et réalisé par un groupe de fan d’Harry Potter, il a rapidement dépassé la barre des 10 millions de vues. Je n’ai donc pas pu m’empêcher d’aller y jeter un œil par moi-même afin de voir ce qu’il pouvait donner ! En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

Harry Potter sur le Livroscope :
Lorsque je commence habituellement mes chroniques, j’aime présenter un peu les auteurs et/ou les sagas dont il est question. Mais Harry Potter a très souvent eu l’occasion d’être à l’honneur sur le blog : grande fan de J.K Rowling, j’ai en effet plus d’une fois parlé d’Harry, de Ron et d’Hermione. Jim Kay, l’illustrateur de cette nouvelle édition, a également fait quelques apparitions dans de précédentes chroniques. Pour éviter de me répéter et de vous ennuyer, je vais donc vous laisser suivre le lien ci-dessous qui vous mènera vers mes précédentes chroniques si vous souhaitez avoir un peu plus d’informations au sujet de la saga !


Voldemort : Origins of the Heir :
Quelques mots sur le projet:
Penchons-nous à présent un peu plus sur Voldemort : Origins of the Heir. Sorti il y a quelques mois, ce long-métrage d’une heure est un projet remontant à 2016 : TryangleFilms, la compagnie de production derrière le film, avait annoncé sa volonté de réaliser un fanfilm basé sur l’univers d’Harry Potter et consacré, plus précisément à Voldemort, le méchant emblématique de la saga.
Mais c’est quoi un fanfilm ? La réponse se trouve déjà dans le nom : il s’agit tout simplement d’un film fait par et pour les fans d’un univers bien précis. Vous avez déjà sûrement tous entendu parler des fanfictions, textes fleurissant depuis de nombreuses années sur internet et sur des sites comme Wattpad. Et bien un fanfilm fonctionne sur le même principe.
Afin de financer ce projet conséquent, Gianmaria Pezzato et Stefano Prestia, les créateurs de TryangleFilms, ont opté pour un système de financement de plus en plus en vogue, à savoir le crownfunding, en passant par la plateforme Kickstarter. Cependant, le film a failli ne pas voir le jour car Warner, qui possède les droits d’Harry Potter, n’était pas très chaud à l’idée qu’un film inspiré de la saga puisse sortir. Un accord a finalement été conclu : TryangleFilms a pu réaliser le film, à la condition de ne pas tirer directement profit de sa diffusion. 
Voldemort : Origins of the Heir est la première production de la compagnie TryangleFilms. Le film, qui dure tout juste une heure, a été réalisé par Gianmaria Pezzato, qui s’est également chargé du scénario et des effets spéciaux. Son acolyte, Stefano Prestia, l’a quant à lui produit.
Pour ce qui est du casting, les acteurs sont pour la plupart italiens et ont ensuite été doublés en anglais. Stefano Rossi interprète Tom Riddle, alias Voldemort. Le personnage de Grisha McLaggen, héritière de Gryffondor, est joué par deux actrices : Aurora Moroni pour les flashbacks à Poudlard, et Maddalena Orcali pour la version plus âgée. Lazarus Smith et Wiglaf Sigurdsson, les descendants de Poufsouffle et Serdaigle, sont eux joués par Andrea Bonfanti et Andrea Deanisi. Enfin, le personnage du General Makarov est interprété par Alessio Dalla Costa. 
Je vous laisse ci-dessous le lien pour découvrir par vous-même ce long-métrage si jamais il vous intéresse !



Résumé :
Grisha McLaggen, une Auror britannique, est arrêtée en Europe de l’Est alors qu’elle tentait de dérober au général Makarov un journal ayant appartenu à Tom Riddle, un de ses anciens camarades de classe. Alors qu’elle se fait interroger par le général Makarov sur les raisons de sa présence si loin de l’Angleterre et sur ses motivations pour récupérer ce journal intime, elle décide de lui raconter son histoire et de lui dévoiler son lien avec Tom Riddle. Grisha n’est autre que l’héritière de la maison Gryffondor. Avec Tom, héritier de Serpentard, Lazarus, héritier de Poufsouffle et Wiglaf, celui de Serdaigle, ils formaient un quatuor lié par l’envie de changer les choses. Jusqu’au moment où Tom a commencé à pencher vers une sombre voie…

Une production qui se focalise sur Voldemort :
Avec sept tomes, plusieurs romans dérivés, une nouvelle saga en préparation au cinéma (Fantastic Beasts), une pièce de théâtre, un site dédié & more, Harry Potter est sans aucun doute l’une des séries les plus riches en terme de personnages et d’univers. Ce n’est donc pas une surprise de voir très, très régulièrement J.K Rowling enrichir son univers avec des articles postés sur Pottermore sur les différents objets, lieux, créatures et sortilèges qui peuplent le monde magique d’Harry Potter. Et ce n’est pas une surprise non plus de constater que les fanfictions inspirées par le sorcier et ses amis sont incroyablement nombreuses.
Parmi les thèmes qui fascinent beaucoup les fans, on retrouve notamment le groupe d’amis formés par Sirius Black, James Potter, Remus Lupin et Peter Pettigrew. Nombreux sont les fans qui espèrent par exemple un projet (officiel ou non) sur les Maraudeurs. Severus Rogue, à la fois aimé et détesté, fascine aussi énormément, notamment dans sa relation à Lily Potter.

Voldemort, l’ennemi mortel d’Harry, n’est pas en reste, loin de là. Son passé est longuement exploité à travers les différents tomes de la saga, dès Harry Potter & la chambre des secrets, où on découvre qu’il était l’héritier de Serpentard. La quête des Horcruxes permet à Harry d’en apprendre plus sur la vie complexe de cet homme terrifiant. Mais malgré les nombreuses informations qu’on a à son sujet, il continue d’intriguer et d’inspirer.
Voldemort : Origins of the Heir utilise les textes de base de J.K Rowling mais extrapole aussi en apportant sa propre version de l’adolescence de Tom Riddle. Ici, Tom n’est pas le seul héritier des quatre fondateurs de Gryffondor à étudier, non : il fait partie d’un quatuor dont le secret est bien gardé. Dans ce groupe, la dynamique est fondée sur une rivalité amicale et une petite tension amoureuse : Lazarus Smith veut se marier avec Grisha McLaggen, qui elle n’a d’yeux que pour Tom (aaah, le fameux Gryffondor/Serpentard). Wiglaf a quant à lui le statut de chef du groupe, ce qui crée bien évidemment des conflits avec Tom, dont l’égo ne supporte visiblement pas d’être le numéro deux…

Ce que j’ai pensé de ce film :
Même si j’ai écrit quelques fanfictions par le passé (principalement sur Buffy et principalement des daubes), je suis loin, très loin d’être une experte dans ce domaine. J’ai lu très peu de fanfictions et vu très peu de fanfilms, malgré le fait que je trouve ces concepts très intéressants. Cependant, en entendant beaucoup, beaucoup parler de Voldemort : Origins of the Heir dans les heures suivant sa sortie, j’ai décidé de me pencher dessus et de voir ce qu’il pouvait donner. Le projet me paraissait très ambitieux et prometteur, et c’est donc le cœur plein d’espoir que je me suis lancée dans le visionnage de ce long métrage d’une heure. Au final, que dire de Voldemort : Origins of the Heir ? Et bien il y a du très bon, du bon, et du clairement moins bon. 

En commençant ce fanfilm, j’avais un peu peur de tomber sur un truc mal fait, cheap et fait avec trois bouts de ficelle. Voilà où se situe la première bonne surprise de Voldemort : Origins of the Heir. Le film est loin d’être un truc tout cheap, on sent que beaucoup de soin a été apporté à la réalisation de ce film, notamment pour le côté « visuel ». Les costumes et décors sont particulièrement réussis : les tenues n’ont rien à envier à celles des films originaux, et comme le nombre de lieux d’action a été réduit au strict minimum, la réalisation a pu s’appliquer. Rien que pour ça, le film mérite d’être salué.

Toujours dans le visuel, j’ai également trouvé les effets spéciaux relativement bien faits. Alors, c’est sûr, dans une grande production hollywoodienne au budget bien supérieur, la qualité aurait été encore meilleure, mais pour un premier film et pour le budget disponible, ils sont de bonne qualité. Je ne vais donc pas cracher dessus. Mon seul bémol concerne le look de l’héritier de Serdaigle : je n’ai pas vraiment compris pour l’avoir maquillé ainsi, ce n’est que plus tard dans le film que nous comprenons qu’il a des origines vikings. Mais comme ce n’est pas très clair au début et que les personnages de la saga Harry Potter en général ne se distinguent pas vraiment de la sorte, j’avoue avoir été un peu perturbée.

J’ai vu pas mal d’avis très positifs chez les fans de la saga pour ce qui touchait à l’univers global de ce fanfilm. On sent vraiment une volonté de respecter l’univers de départ, et le film fourmille de petites références à la saga originale. Des petits clins d’œil comme par exemple les duels de magie, l’utilisation d’une photo qui bouge comme dans les films, des petits détails par-ci, par-là… Ce soin du détail est, personnellement, un élément que j’ai trouvé appréciable.

Passons à présent aux acteurs. Là aussi, j’ai été dans l’ensemble plutôt surprise, et dans le bon sens, par la qualité globale du jeu. On sent bien que les acteurs ne sont pas forcément professionnels, mais encore une fois, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’une production réalisée par des amateurs (et je dis ça sans aucune connotation négative). Certains des acteurs s’en sortent très bien, par exemple Stefano Rossi. Il interprète Tom Riddle et, au-delà de son physique qui correspond tout à fait selon moi à l’image de ce personnage, il l’interprète avec succès. J’ai aussi apprécié la fraîcheur d’Andrea Bonfanti, l’acteur jouant Lazarus Smith. J’espère qu’ils auront l’occasion de poursuivre une jolie carrière dans ce monde !

Pour ce qui est de l’histoire, c’est peut-être là que je suis le moins enthousiaste. Alors attention, je ne trouve pas l’intrigue de Origins of the Heir mauvaise ou ratée, mais je trouve que ce n’est clairement pas le point fort de ce fanfilm. Comme il y a tout de même du positif, je vais d’abord vous en parler : premièrement, j’ai aimé le fait que le film propose une narration par un personnage qui n’est pas directement Voldemort/Tom Jedusor. En utilisant un autre personnage pour raconter l’intrigue (à travers un interrogatoire, une idée que je trouve également plutôt bonne, car elle permet de justifier les flashbacks, et elle est plutôt bien exploitée), nous gardons une distance par rapport à ce seigneur du mal. A travers la saga, J.K Rowling a réussi, surtout dans les derniers romans, à créer le parfait dosage d’antipathie et de sympathie pour Voldemort en nous révélant son enfance, tragique, et ses choix, dévastateurs. J’avais peur que cet équilibre soit modifié par une présentation trop sympathique de Voldemort, mais au final le film respecte assez bien tout ça. Un bon point pour moi.

Au début du fanfilm, j’étais très emballée par la perspective de découvrir les différents héritiers de Poudlard. Après tout, si Serpentard avait en Tom Riddle un héritier, pourquoi pas les autres ? Cependant, je me suis vite rendue compte que cette proposition se trouvait vite limitée. On nous dit dans l’histoire que les héritiers de Poudlard travaillent ensemble depuis des générations et des générations, qu’ils sont liés les uns aux autres mais que leur existence est un secret absolu pour le reste du monde. J’ai trouvé que c’était un peu bancal car pas suffisamment exploité, voir même un peu cliché. A quoi travaillent-ils ? A part faire des duels qui tournent vite au concours de Kikcékalaplugross entre Tom et Wiglaf, on ne les voit pas faire grand-chose. 

C’est également selon moi un peu gros cette idée que l’existence des héritiers soit inconnue du reste du monde… Je ne pourrais pas expliquer complétement pourquoi, mais ça me parait bizarre que personne ne sache rien… Et je trouve aussi dommage que le film joue aussi sur cette classique opposition Gryffondor/Serpentard. Ça aurait été bien de sortir justement de ce cadre un peu attendu et déjà exploité un milliard de fois.

Pour conclure sur l’histoire, je la trouve tout de même dans l’ensemble divertissante et bien menée. Le film dure une heure et le temps est bien géré, de façon à ce qu’on ne s’ennuie pas. Il y a de l’action, avec notamment une scène de combat au début de film qui est assez bien réussie. La fin me laisse un peu plus perplexe, sa conclusion me paraissant un peu « rushée ». J’aurais aimé que la fin soit davantage développée !

Au final, j’ai tout de même bien apprécié ce fanfilm. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une première réalisation d’une toute nouvelle société de production, et que les moyens sont loin d’être ceux des gros studios. Je salue donc les efforts apportés à ce projet et je vous encourage à y jeter un œil sir Voldemort vous intéresse !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cet article, un peu différent de ce que je propose habituellement, vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très rapidement pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

Coup de projecteur sur Edith Wharton.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour un nouvel article ! Aujourd’hui, on se retrouve pour une chronique un peu différente des classiques reviews de livres que vous avez l’habitude de trouver sur ma chaîne. En effet, j’ai eu envie de vous proposer un article un peu plus complet sur une autrice que j’apprécié énormément et dont je découvre l’œuvre depuis plusieurs années : Edith Wharton. En commençant mon blog en 2012 (le coup de vieux bonjouuuur), j’écrivais des articles « à thème » où je me focalisais sur un sujet plutôt que sur une œuvre, et j’ai un peu envie de vous proposer à nouveau cela dans les mois à venir. Pour cette première tentative, nous allons donc nous pencher sur Edith Wharton, romancière (entre autres) américaine dont les romans sont aujourd’hui considérés comme des classiques. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

(Un petit mot rapide pour vous donner des nouvelles: vous l'aurez constaté, je n'ai pas été présente ces derniers temps, en raison d'une fracture de la main qui m'a bien immobilisée... Mais je vais tout faire pour rattraper mon retard en matière de chroniques!)

Les coups de projecteur :
Quand j’ai créé mon blog en 2012, je ne savais pas encore exactement ce que je voulais faire avec. Je savais que je voulais parler de littérature mais je n’avais pas vraiment choisi la forme qu’allait prendre mes articles et, pendant un moment, ils se sont beaucoup portés non par sur des livres en particulier mais sur des thématiques plus vastes, comme les pirates ou Blanche-Neige. J’ai ensuite adopté un format plus classique d’un article sur un livre. Cependant, j’ai depuis quelques temps envie de travailler autrement sur mon blog et c’est ainsi que j’ai eu l’idée de faire ces coups de projecteur. Le principe sera simple : à travers un article, je vous présenterai un auteur ou un thème qui me parait intéressant, au feeling. Et aujourd’hui, pour commencer, j’ai choisi Edith Wharton ! J’espère que ce principe vous plaira !

Edith Wharton :
Quelques mots sur sa vie :
Plongeons à présent dans le vif du sujet : Edith Wharton ! Il y a tant de choses à dire à son sujet que je vous propose de commencer d’abord par un petit point sur sa vie avant de nous pencher sur son œuvre en elle-même.
De son nom de jeune fille Edith Newbold Jones, elle est la troisième enfant et seule fille d’un couple américain de la bonne société fortunée. Elle naît en 1862 à New York et y passe ses premières années : cette ville et le cadre social dans lesquels elle évolue seront d’ailleurs souvent représentés dans son œuvre. Mais son univers ne se confine pas à cette grande ville, bien au contraire. Dès l’enfance, elle découvre l’Europe à travers les voyages familiaux. Edith Wharton visitera des pays comme l’Angleterre, l’Italie mais surtout la France, où elle reviendra très souvent et où elle achètera une demeure.
Dès qu’elle parvient à déchiffrer ses premiers mots, elle devient une férue de lecture et dévorera avec passion livre sur livre. Elle se prendra aussi très tôt au jeu de l’écriture, rédigeant, adolescente, ses premiers poèmes. Pourtant, ses élans d’écriture sont vite freinés par sa famille pour qui cette occupation n’est pas digne de son statut de jeune femme de la haute société.
L’année 1885 marque un tournant dans sa vie : elle épouse Edward Wharton, un homme plus âgé qu’elle (comme c’était très souvent le cas à l’époque) mais avec lequel elle partage une passion certaine pour les voyages. Leur vie de couple ne tardera pas à être mise à mal par les problèmes d’Edward : souffrant d’une forme assez forte de dépression, il choisira de vivre reclus, cessant les voyages. Edith ne se laisse pas abattre et se consacre à l’écriture, publiant à 40 ans passés son premier roman. Très prolifique, son rythme d’écriture ne freine pas dans les années qui suivent. Elle démarre aussi dans la seconde moitié des années 1900 une relation extraconjugale avec un journaliste, Morton Fullerton, relation qui restera secrète pendant de nombreuses années, puis divorce en 1913 de son mari Edward, dont l’état mental ne cesse d’empirer.
L’écriture apporte à Edith un succès critique et financier certain : que ce soit des romans, des nouvelles ou même des livres de décoration d’intérieur (son autre grande passion), elle n’arrête pas d’écrire et ses livres se vendent très bien. Elle accomplit un exploit en devant, grâce à The Age of Innocence, la première femme à obtenir le célèbre prix Pulitzer. Elle fréquente de nombreux auteurs de son temps et sera d’ailleurs particulièrement amie avec Henry James, dont l’œuvre comprend des thématiques similaires à celle d’Edith. 
Elle décède d’une crise cardiaque en France en 1937 et reste aujourd’hui considérée comme une autrice culte et classique de la littérature américaine.

Les grands thèmes de son œuvre :
Avec à son actif une très longue bibliographie comprenant aussi bien de la fiction que des essais, des poèmes et des romans, Edith Wharton a pu aborder au cours de sa carrière d’écrivaine de nombreux sujets. Cependant (et même si je suis loin, très loin d’avoir lu toute son œuvre), certains éléments se dégagent comme étant des thèmes de prédilection qui lui sont chers. Je vous invite à présent à en découvrir quelques-uns.

Parmi les sujets qui reviennent souvent chez Edith Wharton, on retrouve une certaine opposition entre l’Europe et les Etats-Unis. Et par Etats-Unis, j’entends la côté est du pays, symbolisée par New York. Edith Wharton connait bien son sujet : issue de la haute classe new-yorkaise, elle grandit dans une famille privilégiée et voyagera beaucoup en Europe, passant chaque année plusieurs mois en France et en Angleterre. Ce qui est intéressant, c’est la représentation assez polarisée qui est faite de ces deux univers. Nombreux ont été les Européens à partir pour les jeunes Etats-Unis dans l’espoir d’y trouver une vie différente voire meilleure et de se libérer de la rigide Europe. Et pourtant, cette image se retrouve inversée ici : New York et la bonne société qui s’y trouvent sont souvent dépeints chez Edith Wharton comme un monde très codifié, où le qu’en dira-t’on prime sur le reste. A l’inverse, l’Europe et le voyage apparaissent comme un échappatoire à cet univers et ses héros s’y réfugient avec l’espoir de tourner le dos à tout cela. 
Les romans d’Edith Wharton se démarquent aussi par l’utilisation fréquente d’héroïnes féminines justement prisonnières de ces codes new yorkais. Ces femmes n’aspirent qu’à la liberté et au choix mais elles se retrouvent souvent coincées par ce que l’on attend d’elles. Tout tentative de dévier du chemin qui a été tracé pour elles est punie par une sorte d’excommunication sociale : plus d’invitations dans les soirées mondaines, un rejet visible de ce qu’elles sont, des commérages nuisant encore plus à leur réputation.
Ce qui les coince le plus souvent, c’est la question du mariage, question on ne peut plus épineuse. Que ce soit les personnages féminins ou masculins d’Edith Wharton, ses héros se retrouvent régulièrement dans des mariages qu’on peut qualifier de malheureux, car régis par ce qu’on attend de leur statut plutôt que par ce qu’ils ont choisi. La question du divorce est fréquente, liée au sort des héroïnes : divorcer est une terrible rupture familiale, sociale, mais aussi parfois financière face à laquelle il faut pouvoir assurer…

Quelques livres d’Edith Wharton :
Si elle a publié son premier roman à 40 ans, la bibliographie d’Edith Wharton n’en reste pas moins très impressionnante. Depuis que je l’ai découverte il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de lire plusieurs de ses œuvres mais je reste encore loin, très loin d’avoir tout lu. Voici cependant quelques livres que je vous conseille si vous souhaitez découvrir Edith Wharton.
-The Age of Innocence : Commençons par le roman le plus célèbre d’Edith Wharton, celui qui lui a permis d’obtenir le prix Pulitzer en 1921. Ce roman raconte l’histoire de Newland Archer, avocat prometteur de bonne famille, qui doit épouser la jeune, jolie et fraîche May Welland. Tout va bien dans le meilleur des mondes lorsqu’il rencontre une parente de sa fiancée, la comtesse Olenska, qui revient tout juste d’Europe. Cette femme séduisante fait jaser tout autour d’elle car elle a choisi de se séparer de son époux. Newland va se retrouver en proie à l’hésitation, sous le charme de la belle comtesse… Un roman absolument passionnant, dépeignant avec beaucoup de justesse l’étroitesse de la pensée de la haute société new yorkaise. Avec ses personnages mémorables, The Age of Innocence offre au lecteur une plongée dans un autre temps. A noter aussi qu’il a été adapté au cinéma par Martin Scorcese avec un casting élégant composé entre autres de Daniel Day Lewis, Michelle Pfeiffer et Winona Ryder.
-Summer : Publié en 1917, Summer nous présente une héroïne, Charity, au destin difficile. Alors âgée de 18 ans, la jeune fille rencontre Lucius Harney, un architecte dont elle tombe vite amoureuse, au grand dam de Mr. Royall, son protecteur qui veut l’épouser. Les problèmes s’enchaînent lorsque Lucius doit quitter Charity pour en épouser une autre alors que Charity se retrouve enceinte, une situation terrible pour une femme à l’époque. Dans ce roman, Edith Wharton explore la complexité des rapports amoureux et humains comme elle sait si bien le faire. 
-The House of Mirth: Retournons dans la bonne société new-yorkaise avec un autre roman très connu d’Edith Wharton: The House of Mirth, traduit en français sous le titre de Chez les heureux du monde, se focalise à nouveau sur un personnage principal féminin. Lili Bart vient d’une très bonne famille mais n’a pas d’argent pour vivre, ayant notamment contracté des dettes de jeu. Elle recherche activement un époux qui pourra subvenir à ses besoins, une mission bien plus ardue qu’il n’y parait. Un livre montrant la grande précarité dans laquelle les femmes pouvaient se trouver si elles ne pouvaient pas compter sur le soutien financier d’un homme, ainsi que les dangers de l’addiction…
-Ethan Frome: Tout comme The Age of Innocence, Ethan Frome fait partie des romans les plus connus d’Edith Wharton. C’est également l’un de ses plus surprenants en raison du cadre dans lequel il se déroule : cette fois, adieu les soirées mondaines de New York, et bonjour la campagne ! Un milieu très différent de celui auquel nous sommes habitués chez Wharton mettant en scène un personnage tout aussi différent. Ethan Frome, un homme pauvre et boiteux, un handicap qui le pousse à être confronté encore plus durement aux difficultés de la vie et de l’amour.
-The Gods arrive: Pour terminer cette sélection, j’ai eu envie de me pencher rapidement sur un roman que j’ai eu l’occasion de lire récemment, The Gods arrive. Suite de Sur les rives de l’Hudson (que pour le coup je n’ai pas eu l’opportunité de lire pour le moment, mais ça ne m’a pas dérangée dans ma découverte de celui-ci), nous y découvrons Vance, jeune auteur à succès, et Halo, sa maîtresse mariée qui décide de tout quitter pour le suivre en Europe. J’ai pu lire des critiques assez déçues sur ce livre ; en ce qui me concerne, je l’ai beaucoup aimé et je trouve qu’on y voit tous les grands thèmes chers à Wharton, comme le mariage, la question sociale, le couple, mais aussi la littérature et l’écriture… Une belle découverte pour moi !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère sincèrement que cette chronique un peu différente de celles que j’écris habituellement vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! Je ne sais pas encore sur quoi mon prochain coup de projecteur portera, donc si jamais vous avez des suggestions ou des envies, je suis preneuse ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

dimanche 21 janvier 2018

Mary and Maria by Mary Wollstonecraft & Mathilda by Mary Shelley.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique, placée aujourd’hui sous le signe (des gémeaux, aha la bonne blague, qu’est-ce qu’on rigole ici) de la famille. En effet, nous allons parler aujourd’hui de deux femmes passionnantes : Mary Shelley, connue pour avoir écrit l’un des classiques les plus célèbres du monde (Frankenstein), et Mary Wollstonecraft, sa mère, également autrice. J’ai récemment reçu pour le Secret Santa de Whoopsy Daisy un recueil compilant deux courtes œuvres de Mary Wollstonecraft, ainsi qu’un des écrits de sa fille. Passionnée par Mary Shelley, j’avais hâte de me plonger dans ce livre. Alors aujourd’hui, les femmes seront à l’honneur, avec Mary, Maria et Mathilda. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une bonne lecture ! :)

Mary Shelley et sa mère :
Comme toujours, je vous propose de démarrer cette chronique par une petite présentation de nos deux autrices du jour. Ou plutôt de l’une d’entre elles : Mary Wollstonecraft. J’ai déjà eu l’occasion de parler plus d’une fois de Mary lors de précédents articles, mais jamais de sa mère. En préparant cette chronique et pendant ma lecture, j’ai découvert des choses passionnantes à son sujet. Je tenais donc à vous la présenter un peu plus longuement.
Mary Wollstonecraft est née en 1759, dans une famille qu’on peut qualifier d’aisée mais pas d’heureuse. En effet, son enfance sera marquée par les fréquents accès de colère de son père, un homme porté sur la boisson, et le désamour de sa mère qui s’intéressera plutôt à son frère. L’affection de Mary se tourne donc vers ses camarades féminines : plusieurs amitiés marqueront sa vie, la plus importante d’entre elles étant sans aucun doute celle qu’elle entretiendra pendant plusieurs années avec Fanny Blood. Une amitié pas vraiment placée sous le signe du bonheur non plus, Fanny mourant tragiquement en couches au Portugal.
Mary voyagera aussi en France, où elle sera inspirée par l’esprit de la révolution française. Contrairement à ce que dictait la bienséance de l’époque, elle n’hésite pas à avoir des rapports amoureux avec des hommes sans se marier, surtout des artistes et penseurs. Sa première relation marquante sera avec Imlay, dont elle aura une fille, Fanny. Une relation qui se termine mal : Imlay l’abandonne et Mary tentera alors, par deux fois, de mettre fin à ses jours. En 1797, elle se marie avec Wollstonecraft alors qu’elle à nouveau enceinte, cette fois de la future Mary Shelley. Qui ne la connaîtra jamais, car Mary Wollstonecraft décède quelques jours plus tard des suites de son accouchement.
De Mary, on retient plusieurs travaux : principalement Vindication of the rights of women, dans lequel elle défend le droit des femmes d’accéder à une éducation égale à celle des hommes ; mais aussi des œuvres de fiction inspirées en partie de sa vie personnelle, comme Mary & Maria que je vous propose de découvrir aujourd’hui !

Mary & Maria de Mary Wollstonecraft :
Résumé:
Il est temps de nous intéresser à présent aux œuvres de Mary Wollstonecraft présentes dans ce recueil. Tout d’abord, nous avons Mary : même s’il s’agit d’une œuvre de fiction, elle est lourdement inspirée par la vie personnelle de Mary Wollstonecraft. Le titre lui-même suffit à évoquer l’autrice. Nous y suivons la vie de Mary, une jeune femme au destin plutôt malheureux. Grandissant dans une famille où l’amour n’est pas, entourée d’une mère absente et d’un père alcoolique, dilapidant l’argent à tout va. Elle trouve du réconfort dans son amitié avec Ann, une voisine, en laquelle elle trouve toute l’affection dont elle avait besoin. Les deux amies, pleines d’espoir, entreprennent un voyage au Portugal pour tenter d’améliorer la faible santé d’Ann…
C’est une autre histoire de femme blessée que nous retrouvons dans Maria. Egalement intitulé The Wrongs of Woman, ce livre se focalise sur le personnage de Maria, une jeune femme de bonne éducation enfermée dans un asile par son époux. Une situation rendue plus dure encore par le fait que sa fille, encore un nourrisson, lui a été enlevée et qu’elle ne peut avoir aucun contact avec le monde extérieur. Petit à petit, le lecteur découvre les raisons derrière l’internement injuste de Maria ainsi que son histoire tragique.

Mathilda de Mary Shelley:
Résumé:
Pour conclure ce recueil, nous avons donc Mathilda de Mary Shelley. Une histoire qui n’aborde pas des thèmes très drôles puisqu’on y parle entre autres d’inceste et de suicide. L’enfance de Mathilda ressemble, par certains aspects, à celle de Mary Shelley : elle n’a pas la chance de connaître sa mère, morte après sa naissance. Son père quitte alors le pays et laisse l’enfant à la charge d’une tante qui ne se caractérise pas par son amabilité. Tout change lorsque le père de Mathilda revient enfin, des années plus tard : devenue une jeune femme, elle apprend petit à petit à connaître son père et une forte relation s’établit rapidement entre eux. Jusqu’au jour où, sans raison, le père de Mathilda s’enferme dans une humeur sombre qu’elle ne comprend pas…

Des thèmes communs entre mère et fille :
A travers les trois histoires de ce recueil, le lecteur découvre ou redécouvre les plumes de Mary Shelley (2) et de sa mère, Mary Wollstonecraft (1). Et même si Mary 2 n’a pas connu Mary 1 en raison du décès de cette dernière, elle a grandi avec, partout autour d’elle, l’influence de sa mère. Elle allait même avec Percy Shelley sur la tombe de Mary 1 pour des rendez-vous à l’abri du regard désapprobateur de son père. Même si elle a été élevée par son père et sa nouvelle épouse, il est clair que l’absence de Mary 1 jouait un rôle important sur Mary 2. 
Dans ces trois œuvres, on retrouve donc des thèmes communs entre la mère et la fille. Le premier, et le plus évident, est sans aucun doute l’utilisation pour personnage principal d’une femme. Mary, Mathilda, Maria, trois œuvres qui dépeignent la vie de femmes. Mais pas de n’importe quelle femme, non : de femmes dont la vie est caractérisée par le malheur. Ce malheur est familial : Mary grandit dans une famille sans amour ; Mathilda entretient une relation complexe avec son père, qui la plonge tour à tour dans la plus grande peine ou la plus grande joie ; et Maria souffre de l’absence de sa fille dans l’asile où son mari la retient.
Ces trois femmes possèdent des profils assez similaires : elles viennent toutes de familles plutôt aisées et jouissent d’une bonne éducation pour l’époque. Que ce soit pour Mary ou Mathilda, une première personne est employée, un choix intéressant dans la façon de raconter l’intrigue. 
Les différentes œuvres évoquent toutes des événements tragiques : emprisonnement, décès, pensées suicidaires, amitiés tragiques, maltraitance, bref, rien de très joyeux. Une lecture à ne pas faire quand vous avez un petit coup de mou !

Ce que j’ai pensé de cet ouvrage :
Il y a longtemps que je voulais me plonger encore davantage dans l’œuvre de Mary Shelley. Séduite par ses œuvres et intriguée par sa vie, j’avais demandé, dans ma liste de livres pour le Secret Santa Whoopsy Daisy 2017, ce recueil pour découvrir un peu plus son travail mais aussi pour en apprendre davantage sur sa mère, Mary Wollstonecraft, donc j’ai été très heureuse de recevoir cet ouvrage qui faisait partie de ma WL depuis un bon moment. Au final, que dire de ma lecture ? Et bien j’ai trouvé ce recueil absolument passionnant, une lecture très prenante et qui possède de nombreuses qualités… Voyons ensemble lesquelles !

Avant même de me pencher sur les qualités des œuvres proposées dans ce recueil, je tenais à mentionner la présence d’une introduction réussie : composée d’une biographie détaillée pour chacune des autrices, elle nous propose également une première approche thématique de ce qu’on peut retrouver dans les différentes histoires. Je suis habituellement du genre à passer rapidement sur ce genre d’éléments car ça ne me passionne pas toujours, cependant j’ai été ici agréablement surprise. Non seulement j’ai appris beaucoup de choses sur Mary Wollstonecraft (pas autant sur sa fille, que je connaissais déjà bien) mais en plus cette introduction apporte des éléments qui nous sont bien utiles pour notre lecture. Un bon point, une première bonne approche !

Avec deux œuvres sur trois, Mary Wollstonecraft inaugure le recueil. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre : je la connaissais de réputation et de nom. Mes cours à la fac sur Mary Shelley commençaient souvent par une présentation de sa mère, mais je n’avais jamais eu l’opportunité de me pencher sur son œuvre. Je savais qu’elle était célèbre plutôt pour des essais ou des traités et je me demandais donc ce que pouvait bien donner son travail de fiction. Au final, j’ai été agréablement surprise et par Mary et par Maria, deux histoires que j’ai trouvées absolument passionnante.

J’ai tout d’abord énormément aimé le style d’écriture de Mary Wollstonecraft. Contrairement à ce qu’on peut imaginer lorsqu’on pense à « classiques du 18ème siècle », c’est long d’être incompréhensible ou ardu. Au contraire, j’ai trouvé ces deux textes plutôt faciles à lire : j’ai déjà lu des choses beaucoup plus prises de tête dans ma vie ! Le style est fluide, c’est élégant et bien écrit : Mary Wollstonecraft parvient à garder son lecteur passionné du début à la fin du récit. Elle emploie la première personne, fait des récits enchâssés, réussit ses dialogues… Rien à redire.

Les intrigues de Mary et Maria sont très prenantes. On sent clairement l’influence de sa vie personnelle sur la première : même si elle est qualifiée de fiction, cette histoire s’inspire clairement d’événements qui lui sont vraiment arrivés, au point qu’on se demande même s’il s’agit d’une fiction ou d’une autobiographie… J’ai aimé cette histoire pour sa force, mais comme je voyais où tout cela allait aboutir, je n’ai pas été très surprise par le déroulement de l’intrigue. En revanche, j’ai été absolument captivée par Maria. C’est une histoire absolument violente et un peu difficile à lire même en raison des sujets qu’elle aborde, mais passionnante. J’ai trouvé cette œuvre incroyable du début jusqu’à la fin. Un coup de cœur pour cette femme au destin injuste. 

Passons à présent à Mary Shelley. C’est une chose d’adorer Frankenstein, mais une autre d’aimer ses autres œuvres. J’espérais ne pas être déçue et la bonne surprise était là : j’ai énormément aimé ma lecture de Mathilda. Là encore, les thèmes sont durs, mais on y retrouve la plume de Mary Shelley. J’aime toujours autant sa façon d’écrire, et surtout de décrire les sentiments humains. Ses héros et héroïnes sont toujours en proie à des tempêtes d’émotions assez intenses, très «romantiques » dans le sens littéraire du thème. Là aussi on peut se poser la question du rapport avec la vraie vie de Mary Shelley car on trouve des points communs à l’œuvre et sa vie personnelle (décès de la mère, éducation par une autre femme, relation au père). Une œuvre prenante !

Pour conclure, j’ai donc énormément aimé ce recueil. Il a été pour moi l’occasion de découvrir, avec succès, Mary Wollstonecraft mais aussi de passer un peu de temps avec Mary Shelley. Je recommande la lecture de cet ouvrage à toutes celles et à tous ceux qui s’intéressent à Mary Shelley et à sa mère. En revanche, soyez prévenus : ce ne sont pas des lectures faciles en raison des thèmes lourds abordés, donc prévoyez peut-être un roman plus doux à côté !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette petite chronique vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

The Disaster Artist de Greg Sister & Tom Bissell.



Bonjour à tous et à toutes !

Je suis AnGee du Livroscope, j’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts pour une nouvelle chronique ! Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui combine deux de mes passions : le cinéma et la littérature ! Il y a quelques années (en 2012, pour être précise), j’ai découvert le film The Room, incroyable nanar devenu absolument culte depuis sa sortie en 2003. Et comme beaucoup, je me suis intéressée à l’histoire de ce film improbable. Alors que le film The Disaster Artist, récompensé récemment aux Golden Globes (au passage : si les accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de James Franco se révèlent vraies, ce type est un immonde connard), devrait sortir en mars 2018 chez nous, j’ai eu envie de me plonger d’abord dans le livre éponyme co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell. En espérant que cette chronique vous plaise, je vous souhaite une excellente lecture ! :)

The Room, un film so bad it’s good :
Avant de parler plus en détails de The Disaster Artist, je vous propose de nous pencher d’abord sur The Room, film de 2003. The Room est le bébé de Tommy Wiseau, un homme à l’histoire mystérieuse et plutôt riche, dont on connait au final très peu de choses. Après des années à tenter de percer sans succès dans le monde du cinéma, il décide de réaliser son film. Il écrit, produit, réalise et joue même dans The Room, entraînant avec lui son meilleur ami, Greg Sestero, une équipe technique et un casting qui se demanderont plus d’une fois ce qu’ils sont venus faire là. 
The Room raconte l’histoire de Johnny (Tommy Wiseau), banquier de San Francisco à la vie paisible. Alors qu’il doit prochainement épouser Lisa (Juliette Danielle), celle-ci se met à le tromper avec Mark (Greg Sestero) qui n’est autre que le meilleur ami de Johnny. Une histoire de triangle amoureux plutôt banale, comme on en voit dans tous les films du monde. Mais là où The Room devient incroyable, c’est dans ce qu’il est : les acteurs (Tommy en tête) sont le plus souvent à côté de la plaque, probablement parce que les dialogues tiennent à peine debout ; la réalisation ne fait aucun sens, les effets spéciaux sont terrifiants de nullité, et le montage nous laisse parfois béat tellement certaines scènes ne servent à rien.
Depuis sa sortie en 2003, The Room a acquis un statut de film culte, notamment grâce aux reviews sur internet, mais aussi grâce à un cercle de spectateurs fans de la première heure qui ont contribué à faire connaître le film. Suite à la publication de The Disaster Artist, plusieurs projets en rapport avec The Room ont pu se mettre en place : la réalisation d’un film The Disaster Artist mais aussi d’un autre long-métrage, Best F(r)iends, avec Tommy Wiseau et Greg Sestero.
Je vous laisse ci-dessous quelques images de The Room pour que vous puissiez avoir une idée de ce à quoi le film ressemble !



Greg Sestero et Tom Bissell, qui sont-ils ?
The Disaster Artist est un livre paru en 2013 et co-écrit par Greg Sestero et Tom Bissell.
Né en 1978, Greg Sestero a par sa mère des origines européennes (siciliennes et françaises). Il grandit en Californie et tombe rapidement amoureux du cinéma : Greg le sait, il veut devenir acteur. Malgré le peu de soutien de sa mère, qui aimerait qu’il se concentre sur des professions plus accessibles, il se lance à l’adolescence dans le mannequinat puis fait ses premiers pas en tant que figurant dans des séries et films. Il décroche plusieurs petits rôles et enchaîne les auditions, tout en prenant des cours de théâtre et de comédie. C’est ainsi qu’il rencontre en 1998 Tommy Wiseau : malgré les mystères qui entourent cet homme énigmatique, ils deviennent rapidement amis. Tommy loue même un appartement à Greg à Los Angeles afin qu’il puisse plus facilement faire ses auditions. Mais la réalité rattrape Greg et il commence alors à travailler dans la vente, sans abandonner ses rêves de cinéma. Il se retrouve malgré lui attiré dans le projet The Room de Tommy, un tournage épuisant soldé par un échec incroyable.
Tom Bissell, quant à lui, est né dans le Michigan  en 1974. Il y a fait ses études et s’est ensuite tourné vers le journalisme. Tom Bissell a plusieurs cordes à son arc, puisqu’il est aussi bien journaliste cinéma que politique. Il a aussi couvert des opérations militaires américaines. C’est probablement son expertise dans le milieu cinématographique ainsi que l’article qu’il avait écrit sur The Room qui ont fait qu’il s’est retrouvé sur le projet d’écriture de The Disaster Artist.
Après sa parution, le livre a été nominé dans plusieurs prix et connait, avec la sortie du film qui s’en inspire, un renouveau commercial.

The Disaster Artist:
Résumé:
2003. Sur quelques écrans de salles de Los Angeles sort le film The Room de Tommy Wiseau. Les premières séances suffisent à enterrer le film comme une catastrophe cinématographique. Un échec à la fois critique et commercial pour ce film au budget de 6 millions de dollars (une énorme somme !) mais qui deviendra avec les années un long-métrage culte. Greg Sestero nous propose de faire un voyage dans le passé, à la découverte des origines de The Room, en deux temps : d’un côté nous suivons les débuts de l’amitié étrange qui lie le jeune Greg Sestero et le surprenant Tommy Wiseau, entre passion, incompréhension et influence ; et de l’autre nous avons le récit du processus hallucinant de tournage d’un des longs-métrages les plus improbables de l’histoire du cinéma. Un livre sur l’amitié, la passion, témoignage de première main d’un naufrage cinématographique.

Greg et Tommy à l’assaut d’Hollywood:
The Disaster Artist est un livre conçu de la manière suivante : un chapitre porte sur le tournage de The Room, le suivant se focalise sur l’histoire entre Greg et Tommy, puis encore un chapitre sur The Room et ainsi de suite. Si le tournage de The Room est aujourd'hui assez connu, le reste de l'histoire ne l'est pas autant.
Nous suivons donc le jeune Greg Sestero dès son adolescence, alors qu’il commence à se passionner pour le cinéma. Il est déterminé à percer dans ce milieu, et ce coûte que coûte. Il nous raconte alors ses différentes expériences dans le mannequinat, ses castings, les quelques tournages auxquels il participe et comment ses espoirs sont tantôt au plus bas, tantôt ravivés.
En 1998, alors qu’il prend depuis quelques temps des cours de comédie à San Francisco, il rencontre Tommy Wiseau, un drôle d’oiseau : peu importe la scène qu’il interprète, il se distingue par son interprétation loufoque et incompréhensible. Greg ressent pour cet étrange personne une forte attraction et les deux hommes deviennent alors, malgré leurs caractères différents, de vrais amis. Ils ont le même rêve : percer à Hollywood et dans l’industrie du cinéma. Mais malgré tout, l’attitude de Tommy, qui se comporte parfois de façon oppressante et possessive avec son ami, complique parfois leurs rapports…

Ce que j’ai pensé du livre :
Après avoir découvert The Room en 2012, j’ai vu et revu ce film de très nombreuses fois. Il est, à mes yeux, terriblement drôle et je ris toujours autant lorsque je le regarde. Alors forcément, j’étais très excitée à l’idée de savoir que Greg Sestero, accompagné de Tom Bissell, avait écrit un livre pour parler de son expérience sur le tournage de ce film. Je tenais donc absolument à le lire avant de voir (peut-être) The Disaster Artist au cinéma. Allais-je apprendre de nouvelles choses sur The Room ? Mon avis sur ce film allait-il changer ? J’attendais beaucoup de ma lecture. Au final, j’ai passé un super moment avec ce livre, probablement l’un de mes coups de cœur de ce début d’années 2018.

Je ne vous cache pas qu’en commençant ma lecture de The Disaster Artist, j’étais un peu perplexe. En effet, je me suis vite rendue compte que le livre suivant un découpage qu’habituellement je n’aime pas beaucoup : la fameuse alternance de chapitre. C’est-à-dire qu’un chapitre est consacré à la tentative de Greg Sestero de devenir un acteur, le chapitre suivant porte sur le tournage de The Room, un sur Greg, un sur The Room et ainsi de suite. En général, je ne suis pas fan de ce procédé parce qu’on se retrouve souvent avec un livre avec des chapitres forts et des chapitres moins intéressants, créant un effet un peu bancal pendant la lecture. Au final, ici, on échappe à ce problème, car je me suis autant intéressée à l’histoire de Greg à l’assaut d’Hollywood qu’au déroulé catastrophique du tournage de The Room. 



La lecture de The Disaster Artist est donc très homogène. Les chapitres portant sur l’histoire de Greg et son amitié avec Tommy sont aussi importants que le reste car ils nous donnent un vrai background pour mieux comprendre ce duo si mal assorti. J’ai trouvé absolument passionnant leur rencontre, l’arrivée de Greg à Los Angeles et la façon dont leur passion pour le cinéma (et notamment James Dean) les unit.

Si ces chapitres sont aussi intéressants, c’est probablement en raison de de la personnalité de Greg Sestero. Dans le livre, il apparait comme une personne très gentille, très loyale, prête à tout pour aider son ami mais aussi pour vivre sa passion. C’est quelqu’un pour qui j’ai énormément de sympathie : il suffit de le voir en interview pour se rendre compte de sa simplicité et de sa gentillesse. C’est quelqu’un qui a vraiment l’air sympa, et ça transpire dans son livre. Il a aussi beaucoup d’humour et n’hésite pas à faire des petites remarques qui piquent quand il faut. Il a toujours un mot gentil pour ses collègues de The Room, et j’ai trouvé son personnage attachant dans le livre, on a plaisir à le suivre du début à la fin.

Tommy Wiseau, quant à lui, est fidèle à ce que j’imaginais de lui. C’est quelqu’un qui est sur sa propre planète et qui est très mystérieux. Le livre nous donne quelques pistes pour tenter de voir plus clairement qui il est et d’où il vient, mais tout cela est à prendre avec des pincettes : Tommy Wiseau n’a jamais donné la même version ou les mêmes informations concernant sa vie. Il reste donc un vrai mystère. Ce que j’ai trouvé intéressant dans ce livre, c’est le côté ambivalent de Tommy Wiseau. D’un côté, il se montre possessif voir tyrannique avec son entourage : le tournage de The Room en est un bon témoignage. Mais d’un autre côté, il apparait aussi comme quelqu’un de très seul, qui semble ne pas avoir les mêmes repères que les autres, voire un peu en souffrance. Qui est le vrai Tommy ? On ne le saura probablement jamais.

Passons au sujet qui m’intriguait le plus en commençant ma lecture : le tournage de The Room. J’avais déjà vu des interviews dans lesquelles les acteurs racontaient les changements de casting à la dernière minute, les démissions des équipes techniques… Et bien lire The Disaster Artist m’a montré que le tournage avait été encore plus hallucinant que ce que j’avais imaginé. Le premier acteur censé joué Mark viré au dernier moment n’importe comment, les salaires qui ne tombent pas, le matériel qui n’a aucun sens, le budget ridicule alloué aux costumes, les shoots et reshoots, Tommy arrivant plusieurs heures en retard par jour, ses volontés de réalisation qui n’avaient ni queue ni tête… C’est purement impressionnant. Dès le début du tournage, ça sentait la catastrophe.

En plus de nous parler de choses très passionnantes, The Room est un livre qui possède de nombreux qualités. Déjà, je le trouve très bien écrit. Je ne sais pas exactement dans quelles proportions Greg et Tom Bissell sont responsables du produit fini, mais dans tous les cas c’est un livre qui se lit très bien, avec une plume très agréable à lire. Il y a beaucoup d’humour dans ce livre, et du coup ça donne quelque chose de très divertissant et drôle. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’étais même un peu triste de ne pas avoir quelques chapitres supplémentaires !

En bref, j’ai été séduite par ma lecture de The Disaster Artist. Je suis vraiment contente d’avoir pu lire ce livre, encore plus passionnant que ce que j’imaginais. Si The Room vous intéresse, je vous le recommande fortement !

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que cette chronique mi-cinéma mi-littérature vous plait, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire ! On se retrouve très vite pour un nouvel article, en attendant comme toujours prenez soin de vous et lisez beaucoup ! :)

AnGee.

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