vendredi 28 septembre 2012

Challenge Destins de Femmes #3: Pas d'Avenir Pour Toi, Brian K. Vaughan, Georges Jeanty.




Bonjour à tous!

Aujourd'hui, pour ce dernier article de Septembre, j'ai décidé de vous présenter une nouvelle lecture faite pour le Challenge Destins de Femmes. Après Fragments et Zarbie les Yeux Verts, c'est donc ma troisième lecture que je vous propose de découvrir aujourd'hui: Pas d'Avenir Pour Toi, de Brian Vaughan et Georges Jeanty. Ce livre a une importance toute particulière pour le blog, et pour ma participation au Challenge, puisqu'il s'agit ici non pas d'un roman, ou d'une pièce de théâtre, mais bien d'un comics! En effet, si vous suivez ce blog, vous savez peut-être que j'aime lire des comics, et j'espère vous faire un peu découvrir cet univers avec cet article!

Pas d'Avenir Pour Toi est le deuxième tome de la saison 8 de Buffy contre les Vampires, une série que j'adore, et qui, après sept saisons, se poursuit sur papier. Voici donc ma présentation de cet ouvrage...


Buffy Contre les Vampires: la série.


(des coupes et des fringues très 90s...)



Avant de vous parler de l'ouvrage en particulier, je tiens à (re-)situer un peu l'histoire et l'univers pour ne pas perdre les non-initiés.


Buffy Summers, jeune adolescente, est ce qu'on appelle une Tueuse: elle a été ''élue'' pour débarrasser le monde des forces du mal, à savoir vampires, démons et créatures démoniaques en tous genres. Elle arrive à Sunnydale, qui sous des abords de ville idyllique, se révèle en fait être la Bouche de l'Enfer. Avec ses amis, Giles, Alex, Willow et les autres, sous le surnom de Scooby-Gang, Buffy va donc devoir affronter une multitude d'ennemis, tout en tentant de vivre sa vie de femme naissante...




Pourquoi j'ai choisi ce livre...
Pour expliquer ce choix, il y a plusieurs raisons: tout d'abord, je suis très fan de la série Buffy contre les Vampires, en raison de l'originalité de celle-ci, de ses personnages charismatiques et des intrigues bien trouvées. J'ai longtemps rechigné à me mettre aux comics, par peur d'être déçue, mais finalement, j'ai fait le grand saut! Même si pour l'instant, je n'en suis encore qu'au deuxième tome...

Mais quel rapport avec les femmes, me direz-vous?
La série est pleine de personnages féminins, bien plus que de personnages masculins. Déjà, il vous suffit de voir le titre de la série: l'héroïne est une fille, une vraie de vrai!

Au niveau des personnages, on a des Tueuses, et non pas des Tueurs, des magiciennes, des vampires féminines (comme Drusilla ou Harmony), des démones (Anya étant la plus emblématique): elles sont à la fois fortes et fragiles, dotées de pouvoirs surnaturels. A l'inverse, les hommes sont un peu plus effacés. Buffy vit dans un monde de femmes, avec sa mère Joyce, et sa soeur Dawn...

(Buffy et Willow)



On retrouve aussi dans la série l'une des premières histoires d'amour lesbien sur petit écran: Willow, la sorcière/juive/rousse/informaticienne, a une longue et belle histoire d'amour avec Tara, une autre sorcière.

Dans ce tome, l'héroïne est Faith, un autre personnage emblématique de la série...

La saison 8 en comics:
Après sept saisons à la télévision, des audiences incroyables, un spin-off avec Angel, la série prend fin à la télévision, mais ne s'arrête pas pour autant: en effet, l'histoire continue sous forme de comics, avec une saison huit, et une saison neuf, qui vient d'arriver en France.

L'histoire reprend immédiatement là où la série télévisée s'est arrêtée: la Bouche de l'Enfer est détruite, et toutes les tueuses potentielles sont devenues de vraies Tueuses, remplissant ainsi notre monde de pourfendeurs du mal. Mais la destruction de la Bouche de l'Enfer ne signifie pas que Buffy est en vacances: un nouvel ennemi, qui porte le nom de Crépuscule, se lève comme une menace...

Pas d'Avenir Pour Toi.



(la couverture du tome 2)


Pas d'Avenir Pour Toi est le deuxième tome de cette saison 8, et il a la particularité de quitter un instant les aventures de Buffy pour se tourner vers un autre personnage emblématique de la série, très apprécié par les fans: Faith, "l'autre Tueuse".


Faith se présente comme l'opposée de Buffy: brune et non pas blonde, elle cultive une certaine image de rebelle, qui plaît beaucoup aux amateurs de la série. Faith se rebelle contre l'autorité, contre les règles de la société. Mais Faith est aussi une héroïne très solitaire, seule depuis toujours, et qui en souffre: en Buffy, elle voit une façon d'échapper à ce fardeau, une véritable amie. Mais très vite, elle se sent délaissée et décide de se tourner du côté des méchants, en rejoignant le Maire Wilkins, dans la saison 3, un homme qui la considère comme sa fille, un sentiment très important pour notre personnage. Malgré sa tentative de rédemption et son retour en "gentille" dans la saison 7, Buffy a beaucoup de mal à pardonner à Faith...


Résumé de ce tome:


(l'une des images du livre)



Après la victoire de Buffy et de ses alliés, Faith est de nouveau seule. Mais elle va très vite sortir de cette solitude lorsque Giles, la figure ''paternelle'' de la série, vient lui demander d'accomplir une mission très importante, celle d'assassiner une nouvelle Tueuse dont le but n'est pas de faire le bien, mais d'apporter sur terre le malheur... En échange de cette mission, Faith pourra recommencer sa vie à zéro, loin de tout cela, avec une nouvelle identité, une nouvelle chance. Elle est la seule personne à pouvoir accomplir cette tâche, étant la Tueuse "de l'ombre". Faith accepte, sans se douter que ce qu'elle devra faire va mettre ses nerfs à rude épreuve.


En effet, sa cible porte le nom de Genevieve, c'est une aristocrate anglaise, épaulée par Roden, un personnage assez mystérieux mais aussi doté de pouvoirs étranges. Faith parvient à s'infiltrer et à entrer en contact avec Genevieve, alias Gigi, sous une fausse identité. Mais Roden la démasque en partie, et découvre qu'elle est aussi une Tueuse. Contre toute attente, Gigi décide de faire confiance à Faith pour l'aider à accomplir sa destinée. Les deux Tueuses se découvrent alors de nombreux points communs et sympathisent, comblant ainsi leur solitude mutuelle. En gagnant sa confiance, Faith découvre le véritable plan de Gigi: tuer Buffy...



Faith va donc devoir lutter avec ses démons intérieurs: avec son passé de criminelles, avec sa rancune envers Buffy, contre son affection pour Gigi, avec ce qu'elle veut être réellement. Ce tome est donc très important, puisque déterminant pour l'avenir de la Tueuse.

(Le tome contient un dernier épisode, consacré à Buffy et Willow, mais j'ai décidé de me focaliser sur Faith, la vraie héroïne de l'histoire ici).


Faith: une fille complexe.
Incarnée à l'écran par Eliza Dushku, Faith est une héroïne que j'adore, et elle est l'un de mes personnages préférés de la série.

(Eliza Dushku dans le rôle de Faith)


Dans la série en général, Faith est un personnage assez complexe: entourée de gens mais pourtant solitaire, rebelle mais en manque de repères, séductrice mais célibataire, elle cultive les oppositions. Sa relation aux autres, et surtout à Buffy, est très compliquée: elles ressemblent tout en étant très différentes. On note en effet beaucoup de parallèles entre les deux: Faith perd Wilkins, son "père" de substitution, Buffy perd sa mère; elles ont beaucoup de mal à garder un homme; et elles doivent trouver leur place sur terre, une tâche rendue très compliquée à cause de leur statut de Tueuses.



Ayant lu le premier tome, je pouvais vous présenter celui-ci, mais j'ai décidé à la place de vous présenter le deuxième, parce que je trouve que Faith est une héroïne incroyable, avec beaucoup de facettes. En lisant ce tome, j'ai été vraiment surprise par la profondeur du personnage: les deux flashbacks, révélateurs de sa relation avec Buffy et avec le Maire, nous montrent les deux personnages les plus importants pour Faith, ceux qu'elle a le plus aimés. Ce tome voit aussi la naissance d'une relation nouvelle entre Giles et Faith: au début, on sent que Faith en veut beaucoup à Giles de lui préférer Buffy; mais Giles lui montre qu'ils ont aussi des points communs. Si Faith a un passé troublé, elle n'est pas la seule; Giles est passé par là, et il veut lui montrer que recommencer une nouvelle vie n'est pas impossible. Elle doit aussi comprendre que la solitude ne doit pas lui servir de prétexte pour faire n'importe quoi, et pour choisir le mauvais camp... 

En définitive, Faith est une fille comme je les aime, ni toute blanche, ni toute noire, et j'espère retrouver son personnage très vite!!


Voilà, j'espère que le mois de Septembre sur le blog a été agréable pour vous! Je vous retrouve bientôt pour de nouveaux articles: la suite de notre aventure sur les Rougon-Macquart, notamment! A très vite!

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samedi 22 septembre 2012

Roux, longs, bruns, frisés: Les Cheveux en Littérature!

(parce que les cheveux, c'est quand même bien pratique...)



Bonjour à tous!

La semaine prochaine, je vais chez le coiffeur, pour "changer de tête", à savoir de coupe et de couleur. En prenant rendez-vous, j'ai eu l'idée (un peu étrange, je vous l'accorde) de me pencher sur les cheveux en littérature. En effet, mine de rien, les cheveux sont très présents dans les livres, romans, poèmes... Ils constituent une part importante de la description d'un personnage, et exercent une certaine attraction sur certains auteurs, et tout particulièrement les poètes. Je vous propose donc aujourd'hui un petit instant capillaire sur le blog! Bonne lecture à tous!

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Les cheveux et l'identité:

Si vous suivez ce blog régulièrement, vous vous rappelez peut-être de l'article que j'avais écrit sur la question de l'identité. J'avais déjà mentionné, rapidement, l'importance des caractéristiques physiques dans la formation de l'identité des personnages. Parmi ces caractéristiques, les cheveux occupent une place capitale.

Les descriptions de personnages contiennent, en effet, surtout dans les romans, des allusions à la chevelure; l'auteur ne s'arrête pas à la couleur des yeux ou à la forme du visage, il parle souvent des cheveux, en donnant de nombreux détails: leur couleur, s'ils sont longs, courts, frisés, raides... L'absence de cheveux (oui, la calvitie, n'ayons pas peur d'employer des termes techniques) est-elle aussi très importante!

Les cheveux sont un outil très utile, puisqu'ils renseignent sur le personnage: son âge, par exemple, avec les cheveux gris ou la calvitie, le sexe, et même sur certains traits du caractère (une chevelure attachée en une queue de cheval, sans aucun cheveux qui dépassent, est souvent le signe d'une certaine autorité, raideur, exigence). Nous allons donc à présent nous pencher sur la signification des différentes "formes" du cheveu en littérature...



Couleur, forme, longueur: des cheveux qui parlent!


En littérature, il n'est pas rare que les plus petits détails revêtent une symbolique particulière, surtout dans le monde du roman: les descriptions de personnages permettent au lecteur d'apprendre beaucoup de choses sur eux, et les cheveux, notamment, nous informent de certains détails particuliers. Je vous propose donc de passer au peigne fin (histoire de rester dans le sujet) quelques caractéristiques capillaires qui sont souvent utilisées pour le symbole...

La couleur:
La couleur est probablement la caractéristique numéro 1 pour parler des cheveux. Les romanciers n'ont pas attendu la création des colorations pour parer leurs héros de couleur de cheveux parfois très originale (surtout en Fantasy ou en Science-Fiction). Le coloris des cheveux est souvent chargé de sens, et je vous propose de découvrir ici quelques uns de ces symboles, les plus récurrents bien sûr!

-Les cheveux gris et blancs:


Commençons par des couleurs plutôt simples, le gris et le blanc.

Ces deux couleurs sont utilisées le plus souvent pour décrire des personnages âgés, ou qui vieillissent: les tempes "grisonnantes" de certains personnages, ou des cheveux gris qui apparaissent dans la chevelure sont le symbole d'une transition, le personnage devient plus vieux, et permettent d'en déduire que la personne dont on parle est plus proche de la cinquantaine que de la trentaine.

Les cheveux blancs peuvent aussi traduire un certain stress, une angoisse, comme dans l'expression "se faire des cheveux blancs": il n'est alors pas rare de découvrir des personnages à l'aspect assez jeunes, mais que la vie n'a pas épargnée, ce qui se voit au niveau de cette couleur.

Les cheveux blancs et gris appellent aussi à une certaine forme de sagesse, et beaucoup de personnages "âgés" sont souvent reliés à cette idée-là: on peut citer Dumbledore dans Harry Potter, ou Gandalf (avec son pendant maléfique, Saroumane), dans l'oeuvre de Tolkien. Ici, la couleur est capitale, mais elle s'associe aussi à la longueur des cheveux et à la barbe que portent les deux petits papis, la barbe devant être le signe international de la sagesse...

(et vous, qui préférez-vous?)


Mais on trouve des cheveux gris et blancs dans d'autres cas: dans les comics X-Men, de Marvel, Tornade (interprétée par Halle Berry à l'écran) est plutôt jeune, mais porte déjà une incroyable chevelure argentée... Cette chevelure particulière revêt ici une image liée au caractère "magique" du super-héros...


(Tornade)



-Les Roux:


Le roux est une couleur fascinante, puisque liée à de nombreux symboles, tous très différents les uns des autres. Le roux, et son pendant rouge, attire donc beaucoup les auteurs.


Commençons par le rouge: cette couleur est tout particulièrement présente dans les romans de type fantasy ou science-fiction. Les personnages aux cheveux rouges sont souvent des personnages mystérieux, qui penchent du côté obscur de la force: on a donc des magiciens, des vampires ou des loups-garous à la chevelure ardente, qui contraste avec leur peau pâle, le rouge étant bien sûr la couleur du sang. Le premier exemple qui me vient en tête est celui de la Dame Rouge, dans la saga le Trône de Fer, de G.R.R Martin, mais il y en a bien d'autres!

(la Dame Rouge, qui porte bien son nom!)


Le roux, quant à lui, revêt différentes significations.
Tout d'abord, l'idée que le roux est différent: le roux est en effet bien moins commun que le blond ou le brun, et le héros roux est donc fréquemment vu comme un personnage sujet à la stigmatisation ou, à l'inverse, à la fascination. Dans la saga Harry Potter de JK Rowling, la tribu Weasley en est sûrement le meilleur exemple: Drago Malefoy ne cesse de se moquer de Ron et de sa famille, avec notamment cette phrase dans le premier tome : "Mon Père m'a dit que tous les Weasley ont les cheveux roux, des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir". Le lecteur, à l'inverse, se prend de sympathie pour cette famille, et pour ses membres, qui cultivent un grand sens de la famille. 

(Une famille chaleureuse, les Weasley!)


Le roux est aussi le synonyme d'exotisme. Le roux est une couleur très peu répandue dans certaines parties du monde, et les auteurs de romans historiques se plaisent parfois à placer un personnage roux qui fascine et attire les autre par sa couleur si étrange. Dans la saga Angélique (qui a sûrement bercé vos vacances d'hiver pendant les vingt dernières années), l'héroïne a des cheveux "bruns-roux" qui fascine le sultan. Je me souviens d'un autre livre, lu il y a des années (dont j'ai oublié le titre, mea culpa), dans lequel un médecin partait vivre, avec sa femme rousse dans la région d'Istanbul, et sa femme connaissait un certain succès auprès de la gent masculine...

Dans les comics, on retrouve la Veuve Noire, incarnée par Scarlet Johansson dans le film Avengers. Sa chevelure de feu contraste avec son nom et sa tenue sombre...

(Une chevelure de feu!)


Pour finir, je tiens à vous parler d'une héroïne de cinéma, Merida, du film Rebelle, dont la chevelure rousse frisée a une véritable importance. En effet, peu de "princesses" Disney sont rousses (à l'exception d'Ariel), et cette chevelure permet de souligner davantage les caractéristiques assez uniques de cette héroïne: son courage, sa volonté de ne pas avoir de princes... Le roux exprime aussi un certain côté "sauvage"...

(Merida, une héroïne unique dans le monde de Disney!)



-Les Cheveux Bruns et Noirs:
Passons ensuite à une couleur très populaire en littérature: les cheveux bruns. En effet, une grande partie des héros sont bruns, ou alors ont une chevelure d'un noir de jais (comme Harry Potter). Mais, paradoxalement, le brun s'impose comme une couleur plutôt neutre, assez peu chargée de symboles. En effet, il y a tellement de personnages bruns qu'il est difficile d'isoler des caractéristiques communes. Il en existe cependant quelques unes: 

Le brun est souvent vu comme un synonyme d'intelligence, par rapport à son pendant blond: on a Hermione Granger, Klaus Baudelaire... Après, cette image est à nuancer: le roux a aussi une certaine image de l'intelligence...

Autre caractéristique particulière du brun: le mystère. C'est particulièrement le cas pour le côté "noir de jais", une couleur qui est aussi beaucoup liée à l'univers du gothique (chez Edgar Allan Poe, par exemple): les hommes et les femmes à la chevelure sombre représentent le mystère; bien souvent, on ignore beaucoup de choses sur eux, comme leur passé, par exemple.


-Les blonds: un cas complexe:
Dans la vie réelle, les blonds et surtout les blondes sont victimes de préjugés: elles sont notamment définies par un manque d'intelligence et de logique, caractéristique reprise dans la bande-dessinée les Blondes, qui met en scènes toute une multitude de blagues sur les blondes...

(la bande-dessinée Les Blondes s'amuse des stéréotypes attribués aux blondes...)


Heureusement, en littérature, on retrouve d'autres traits liés à la chevelure blonde. Dans Harry Potter, on retrouve quelques personnages marquants:
-La famille Malefoy, le pendant opposé à la famille Weasley: leur chevelure blonde frôlant la blancheur totale incarne la froideur qui est caractéristique de cette famille, à l'opposé de la chaleur rousse des Weasley.
-Fleur Delacour, la très jolie française du quatrième tome, est d'une très grande beauté, grâce à son héritage de vélane: elle impressionne à la fois par son physique, mais aussi son caractère bien trempé, typique de ses ancêtres...
-Luna Lovegood, l'autre blonde, est quant à elle représentée comme le personnage un peu étrange, fantasque, à l'imagination débordante...

(à l'inverse des Weasley, les Malefoy sont réputés pour leur froideur...)


Dans la saga le Trône de Fer, la blondeur est assez importante: en opposition aux bruns et roux du Nord, on retrouve quelques têtes blondes, comme les Lannister, avec Cersei et Jamie en tête de course. La couleur des cheveux jouera d'ailleurs un rôle important pour eux, mais je n'en dis pas plus...
Daenerys est l'autre femme de tête de la série, et comme Cersei, elle a une certaine volonté de pouvoir, tout en s'imposant comme un chef qui se préoccupe de son peuple. Dans le roman, d'ailleurs, on sait que les cheveux représentent, pour son peuple d'adoption, le pouvoir et la force, celui ayant la plus longue chevelure étant alors le chef.



-Les autres couleurs:
Pour finir, sachez que les auteurs utilisent aussi des couleurs bien plus originales que les couleurs classiques: l'orange, le bleu, le vert...

Dans Harry Potter, par exemple (et oui, apparemment JK Rowling accordait beaucoup d'importance aux cheveux!), Tonks a la capacité de changer de tête et de couleur de cheveux à volonté!

Ces couleurs "fantaisies" sont d'ailleurs très présentes en fantasy ou en science-fiction. Ces histoires partant d'un monde qui n'est pas le nôtre, il y a une plus grande liberté au niveau des critères physiques, comme les cheveux ou les yeux!

Quelques exemples de personnages aux cheveux foufou:
-Sigrid, l'une des héroïnes de Brussolo, a les cheveux bleus.
-Dans le manga Nana, Shin a aussi les cheveux bleus (ici, c'est son appartenance au milieu du rock qui explique sa coupe et sa couleur originales!)
-Ramona Flowers, dans le comics Scott Pilgrim, change de couleur de cheveux très fréquemment: bleu, rose, vert, elle passera par toutes les phases!

(Ramona et quelques unes de ses couleurs)


Quelques autres caractéristiques:
A part la couleur, d'autres traits jouent un rôle dans la capacité des cheveux à révéler des choses sur leur propriétaire:

-la coiffure: une petite expérience: imaginez un visage, avec des cheveux lâchés, sauvages, et imaginez ce même visage avec des cheveux tirés en un chignon très strict. Que vous apprennent ces deux coiffures sur ce personnage?

-la longueur: cheveux longs et cheveux courts n'ont pas la même signification, selon les époques et les sexes. Chez un homme, la calvitie, par exemple, peut être une caractéristique d'un vieil homme, ou alors d'un homme de main coriace.

Les cheveux longs, chez une femme, sont sujets à fascination, de la part des auteurs: au 19ème siècle, notamment, les cheveux étant le plus souvent attachés, il n'est pas rare d'avoir des héros en fascination devant des femmes, rêvant de les voir dénouer leur chignon. Chez les hommes, les cheveux longs appartiennent souvent à la fantasy, comme dans l'Assassin Royal ou dans le Trône de Fer. Ils sont synonymes de courage et de force.


Fascination capillaire: les poètes.
Pour finir mon article, je vous propose de nous pencher sur le cas des poètes, car ils sont ceux qui sont le plus fascinés par les cheveux, et ce depuis longtemps.

Fréquemment dans le blog, j'ai parlé des blasons, ces petits poèmes dédiés à une partie du corps des femmes. Les cheveux ont beaucoup de succès!

Baudelaire, pour finir, a beaucoup rédigé de de poèmes consacrés à la chevelure de ses maîtresses. Il était tout particulièrement fasciné par les cheveux, par leurs reflets, leurs parfums, leur texture.

Je vous propose de découvrir le poème La Chevelure.



Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !

Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?





Voilà, j'espère que cet article vous a plu, même si il est un peu spécial! Comme vous l'aurez découvert, les cheveux sont très importants et jouent un grand rôle dans le caractère du personnage. Très prochainement, d'autres articles: un sur les Mots Doubs, le Salon Littéraire du Doubs, et sur le 5ème tome des Rougon-Macquart! N'hésitez pas à me laisser votre avis sur cet article en commentaire!

AnGee Ersatz*



samedi 15 septembre 2012

Les Rougon-Macquart #4: La Conquête de Plassans.




Bonjour à tous et à toutes!

Aujourd'hui, je vous propose de découvrir la quatrième tome de la célèbre saga d'Emile Zola, les Rougon-Macquart, nouvelle étape de notre parcours. Ce quatrième tome, baptisé la Conquête de Plassans, n'est pas l'un des plus connus, et j'espère donc vous donner envie, à travers cet article, de le lire car, malgré sa faible notoriété, j'ai beaucoup aimé ce roman, et je pense qu'il mérite d'être lu.


Avant de démarrer cet article, je tenais à vous remercier de votre fidélité: la barre des 5000 visites a été dépassée cette semaine, et le mois de septembre s'annonce déjà comme un mois record depuis la création du blog... Merci beaucoup à vous!


Pour vous aider:
Contrairement à son prédécesseur, la Conquête de Plassans nous permet de retrouver un grand nombre de personnages, dont certains ne nous sont pas inconnus: Félicité Rougon et Antoine Macquart, par exemple, étaient deux des héros du premier tome de la saga, la Fortune des Rougon. Une nouvelle famille est ici au centre de l'intrigue, celle des Mouret, une famille importante puisqu'elle est l'union des Rougon et des Macquart: en effet, François Mouret est le fils d'Ursule Macquart et de son mari, baptisé sobrement Mouret, et il a épousé Marthe Rougon, la fille de Félicité et de Pierre. Ensemble, François et Marthe ont eu trois enfants, trois enfants qui partagent le sang des Rougon et des Macquart...

Pour vous y retrouver, voici donc les arbres généalogiques des deux branches de la famille!


(n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour agrandir!)



Petit résumé de l'histoire:
Dans la petite ville de Plassans, François Mouret vit paisiblement de ses rentes avec sa petite famille: sa femme, la douce et docile Marthe, les enfants Octave, Serge et Désirée (un peu faible d'esprit), et la cuisinière, Rose. Un jour, ils accueillent, comme locataires de leur étage, l'abbé Faujas et sa mère, sans se douter le moins du monde des chamboulements que ces nouveaux venus vont apporter avec eux.

Sous l'influence de l'abbé, Marthe décide de faire construire, avec les dames de la ville, une maison destinée à éduquer les jeunes filles et à les préserver de la débauche. Cette noble cause va attirer à Faujas une grande popularité qui s'avère être un cadeau empoisonné à la famille Mouret: devenue une fière croyante, Marthe n'en a plus que pour l'abbé, délaisse sa famille et son foyer, poussant son mari à se séparer un à un de ses enfants.

De plus, la venue de la soeur et du beau-frère de l'abbé, les Trouche, empire la situation: voulant profiter du succès de son frère, Olympe Trouche n'hésite pas à apitoyer la pauvre Marthe pour lui subtiliser de l'argent, ainsi que de la place dans la maison. Mouret n'est plus de taille à lutter, et plus la popularité de l'abbé augmente, plus la foi de sa femme grandit, et plus les habitants de Plassans le croient fou... La conquête, titre du livre, est donc celle de l'abbé de la ville de Plassans...



Les thèmes importants abordés dans le roman:

Dans les trois précédents tomes, j'avais relevé plusieurs thèmes récurrents, comme l'argent, l'hérédité... De nouveaux thèmes, parfois très éloignés des précédents apparaissent dans ce roman; je vous propose donc de passer en revue les différents sujets que Zola exploite dans la Conquête de Plassans...

-Commençons par le thème le plus évident et le plus important, l'hérédité, le véritable coeur de la saga pour Zola. Dans chacun des ouvrages, l'hérédité était présente, de façons plus ou moins marquée cependant. Ici, on la retrouve surtout au niveau de la folie, la folie qui vient de l'ancêtre de la famille, Adélaïde, mentionnée à plusieurs reprises dans le roman (sans la voir vraiment), et enfermée à l'asile des Tulettes. Cette folie semble transmise à François, accusé de folie par tout Plassans et épié par ses voisins, et à Marthe, dont la ferveur religieuse et les comportements sont parfois trop extrêmes pour une personne saine d'esprit. Mais elle est aussi transmise à la jeune Désirée, que sa mère et son père décrivent selon ces termes "elle a encore sa tête d'enfant": la petite, plutôt qu'une folie passionnée et agitée, se comporte encore tout simplement comme une jeune enfant, s'occupant des animaux, et restant  à la maison.

-La famille est aussi un sujet très important; on a de nombreuses relations familiales dans ce roman: celle de Félicité avec sa fille et son beau-fils, celle de l'Oncle Macquart avec le reste de la famille et plus particulièrement avec sa belle-soeur  Félicité, avec laquelle il est toujours plus ou moins en guerre. Mais la plus intéressante de ces relations est celle qu'entretient Mouret avec sa femme, une femme qu'il semble dominer au point de l'écraser au début du roman, et qui, avec l'intervention de l'abbé et la découverte de la foi, renverse la situation au point de dominer son mari et de le réduire à l'état de moins que rien, de "parent pauvre" comme le décrit Zola.

La famille est aussi présente du côté de l'abbé, qui arrive à Plassans avec sa mère, une femme de tête, et la venue de sa soeur et de son beau-frère, deux parasites qui n'hésitent pas à manipuler les gens et à profiter d'eux pour leur confort. La relation est très tendue entre la mère et la fille, une relation de haine, et Faujas peine à garder son beau-frère dans le droit chemin. La famille ici le mènera à sa perte...

-La religion est ici un thème omniprésent: si on la retrouvait ponctuellement dans les autres romans, ici elle est le moteur de l'histoire. Tout d'abord, l'un des personnages principaux est un abbé, et on en retrouve bien d'autres dans l'histoire, même si leur rôle est bien moins important. Ensuite, le personnage de Marthe est la personnification de la ferveur religieuse dans la Conquête de Plassans: elle est de nombreuses fois dépeintes comme une femme totalement abandonnée à la religion, passant des heures à l'église, se punissant elle-même de péchés qu'elle s'invente... La religion est ici vue de deux façons: tout d'abord comme un éveil pour la mère de famille qui vivait dans l'ombre de son mari; puis comme une chute, qui s'achève par la mort, dans une superbe dernière vision religieuse que je vous laisse découvrir par vous-même...

(Marthe se découvre religieuse...)


-Comme dans les autres romans, la politique est ici présente, mais beaucoup moins que dans les autres: j'ai d'ailleurs apprécié cette absence (relative!) de la politique dans ce roman, un peu fatiguée de son poids dans l'histoire en général. Des élections se préparent tout de même à Plassans, avec Mouret comme chef de ligne...


La place du roman dans la saga:

Pour finir, penchons-nous un instant sur la place qu'occupe ce quatrième roman dans la saga.

Tout d'abord, la Conquête de Plassans est en quelque sorte un retour aux sources: après deux tomes en plein coeur de Paris, nous nous retrouvons ici là où tout a commencé, à Plassans. Personnellement, j'ai beaucoup aimé retrouver ce cadre, plus intimiste que la capitale. Ce roman est en quelque sorte la continuité du premier, se passant au même endroit, et avec des personnages que l'on connaît déjà bien: Félicité et Antoine. De plus, le thème de la folie est de nouveau abordé ici, alors qu'il était plutôt absent. Cependant, il permet à Zola d'introduire définitivement le thème de la religion: il s'agit donc d'une avancée dans l'histoire. Zola cherche donc à nous montrer les différents destins de tous les membres de la famille, même de ceux restés à Plassans.

La Conquête de Plassans n'est pas, comme je vous l'ai dit plus haut, le plus connu de la saga; cependant je vous en conseille la lecture, car j'ai trouvé ce roman intéressant, et j'ai beaucoup aimé le découvrir. La façon dont Zola aborde la religion et son influence sur les gens est assez marquante. Je vous donne rendez-vous prochainement pour de nouveaux articles, dont la cinquième étape de notre parcours, avec la Faute de l'Abbé Mouret!

AnGee Ersatz*

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lundi 10 septembre 2012

Intellos, savants, docteurs: les personnages "intellectuels" en littérature!



Bonjour à tous!

Après trois articles consacrés à des critiques de livres, je vous propose aujourd'hui de revenir à la formule plus ''classique" de ce blog, avec un article "thématique" (Dieu que je n'aime pas ce mot). La rentrée est déjà bien entamée, et nous voilà (ou presque) de retour sur les bancs de l'école: l'idéal pour découvrir des figures très importantes en littérature, puisque très présentes, celles des personnages dits "intellectuels". En effet, il n'est pas rare de retrouver, entre le héros et la belle demoiselle (ou le beau damoiseau, c'est selon), un personnage un peu différent des autres, celui que l'on surnomme l'intello, le monsieur je-sais-tout, le cerveau, un personnage bien utile pour démêler les situations les plus complexes, tantôt attachant, tantôt énervant. Voici donc un petit tour d'horizon de ces personnages assez particuliers qui, comme vous allez le constater, ont eu leurs heures de gloire mais aussi de moqueries...

Chez les enfants: les petits intellectuels...


Commençons par nous pencher sur le cas des personnages "intellectuels" dans la littérature enfantine. Dans ce genre de littérature, les personnages sont assez souvent "stéréotypés'',  dotés d'un ou deux traits de caractère qui permettent aux lecteurs de les identifier très vite: le courage, la peur, la gentillesse, la méchanceté, la stupidité... Et l'intelligence. Il n'est donc pas rare de trouver des personnages "intellectuels" parmi les héros enfantins. On peut noter de nombreuses ressemblances entre ces personnages: souvent, leur physique est plutôt disgracieux, ou du moins banal, parfois affublés de lunettes, et on retrouve parmi leurs atouts majeurs une pléiade de livres ou de références, qu'ils dégainent le moment venu, expliquant à leurs petits camarades non initiés toute l'importance de la connaissance. Certains de ces personnages peuvent être également agaçants, tellement leurs connaissances peuvent vous faire passer pour le dernier des imbéciles. Voici trois exemples de petits "intellos":


-Tout d'abord Artemis Fowl, le héros de la série du même nom (il est d'ailleurs assez rare de retrouver un intello comme héros d'une saga!). Ce petit génie, âgé de 12 ans lorsque démarre la saga, a décidé de faire profiter le mal et le crime de son intelligence hors du commun. Artemis a écrit des livres, des traités, il est terriblement intelligent, mais aussi plutôt arrogant (une arrogance qui tend à disparaître avec les volumes). Ce personnage est unique parmi les intellos de la littérature pour enfant, et ce à plusieurs niveaux: tout d'abord, il est le héros de l'histoire, un héros qui se tourne du côté du crime, et non pas du bien, comme il pourrait cependant le faire; malgré son jeune âge, il bénéficie également d'une certaine relativité de mouvements et d'action, comme si il était un adulte. Son intelligence semble à la fois lui ouvrir des portes (celui du Peuple des Fées, notamment), mais elle est également un frein pour lui, car elle l'aveugle parfois. Une saga avec un héros assez atypique, en somme...

(le tome 1 d'Artemis Fowl)


-Dans la série des Orphelins Baudelaire de Lemony Snicket, les trois personnages principaux, à égalité en terme d'importance, sont Violette, Klaus et Prunille. Pour se sortir des situations, même les plus compliquées, chaque enfant a une sorte de "don": Violette est une sorte de Mac Gyver, capable de transformer trois trombones et un élastique en un sèche-cheveux; la petite Prunille a des dents très acérées, un outil très utile qui sortira plus d'une fois les enfants du pétrin; enfin, Klaus est le petit génie de la famille, un très grand lecteur dont les connaissances très vastes touchent aussi bien à l'histoire du dé à coudre qu'à la vie du saumon d'élevage. C'est donc à Klaus que je vais m'intéresser: si vous saviez le nombre de choses que j'ai appris grâce à ce personnage! Klaus connaît énormément de choses, et ne s'épanouit réellement qu'entouré de livres, même les livres les plus étranges: de nombreuses fois, on le voit s'attrister de l'absence de livres chez l'un ou l'autre de leurs nombreux tuteurs! Klaus est un véritable intellectuel, capable de sortir dans les moments les plus improbables des références à des livres ou des auteurs. Cependant, il se démarque des autres personnages "intellectuels" des rayons enfants: en effet, malgré sa "supériorité" sur ses soeurs au niveau intellectuel, il reste très humble envers elles, car elles possèdent également des dons que lui ne possède pas. Une sorte d'équilibre se crée donc entre les trois enfants, rendant Klaus très sympathique.

(Klaus, le frère lecteur)


-Enfin, terminons avec l'une des "intellos" les plus connues de la littérature pour enfants, Hermione Granger, la très célèbre amie d'Harry Potter. Hermione a un statut très particulier dans l'univers du jeune sorcier: elle est d'abord la seule fille dans le trio de tête formé d'elle, d'Harry et de Ron. De plus, elle est "sang de bourbe", issue d'une famille de moldus, une origine qui lui créera de nombreux problèmes. Pour compléter le tout, Hermione est aussi une grande lectrice, grande travailleuse à l'école, se démarquant des autres par la très grande qualité de son travail et son incroyable assimilation des informations. Avant d'aider Harry à vaincre Voldemort, elle le tirera, ainsi que Ron, déjà des griffes des effroyables examens de Poudlard en leur prêtant ses notes, ou en les laissant parfois recopier sur ses devoirs. Hermione est un personnage très apprécié, pourtant, elle était présentée au départ comme une madame-je-sais-tout très exaspérante (comme lors de la première leçon de potions avec Rogue, ou dans la scène désormais culte où les jeunes sorciers apprennent à faire voler des plumes), qui ne semble s'entendre avec personne, et qui fatigue tout le monde avec son savoir. En réalité, ce savoir sert de carapace à Hermione, qui craint en partie de ne pas être acceptée de la communauté magique à cause de ses origines, comme si elle essayait de prouver sa légitimité. Puis, elle deviendra un atout indispensable à Harry pour se sortir des situations les plus complexes... Hermione est donc passée d'agaçante à touchante, d'épuisante à indispensable!

(la parfaite incarnation de la première de la classe...)




De Molière au Docteur Watson, l'étrange cas du docteur et du médecin...



Parmi les figures les plus emblématiques du savant en littérature, on retrouve en bonne place celle du médecin/docteur, un personnage très présent, et ce dès l'apparition de cette profession. Cependant, si aujourd'hui les médecins sont des symboles dans notre société, symbole d'un certain savoir et d'une profession ne laisse pas de place à l'erreur, ils ont longtemps été dénigrés en littérature.


Molière fut l'un de ceux qui exprimèrent leur mépris des médecins: pour lui, ces hommes qui prétendaient pouvoir guérir les autres n'étaient que des charlatans. On retrouve donc dans ses pièces des médecins ridicules, comme dans le Malade Imaginaire, où le médecin est vu comme un profiteur, qui abuse de son patient en lui trouvant sans cesse de nouveaux maux et en lui prescrivant toujours plus de soins; dans le Médecin malgré lui, Molière nous montre que n'importe qui peut devenir médecin et tromper son monde... Un réel mépris du médecin qui n'est cependant pas particulier à Molière.

(Molière détestait les médecins, qu'il ridiculisa dans plusieurs de ses pièces)


Après les Lumières et les grands progrès scientifiques du 18ème et 19ème siècles, les savants rencontrèrent un nouveau succès auprès du public: on peut citer Louis Pasteur, véritable idole de son vivant. Les médecins, en revanche, ne bénéficièrent pas du même éclat. Si on trouve des figures comme Horace Bianchon, un médecin plutôt respectable de la Comédie Humaine de Balzac, on a aussi le Docteur Pascal de Zola écrasé par la fatalité de la folie héréditaire; plus tard, dans la pièce Knock ou le Triomphe de la médecine, de Jules Romains, le médecin est cette fois encore un habile personnage qui parvient à convaincre tout le monde de se faire soigner... Un personnage entre science et charlatanisme!

(Louis Jouvet dans Knock)


Au Royaume-Uni, Sir Arthur Conan Doyle choisit comme camarade aux aventures de Sherlock Holmes le non moins célèbre Docteur Watson, chargé de raconter les prodiges de son compagnon. Le Docteur Watson est là un médecin plus proche de notre conception actuelle du médecin: il aide souvent Sherlock à analyser des corps (lorsqu'il y en a), et fait aussi des observations médicales sur sa demande. Malgré tout, le Docteur Watson reste une figure plutôt mineure du savoir, écrasé par l'incroyable et implacable logique de son ami.


(Sherlock et Watson, incarnés par Benedict Cumberbatch et Martin Freeman)

Pour conclure, nous pouvons dire que le médecin n'est pas le personnage le plus gâté en littérature, le plus souvent dénigré. Il regagne cependant ses lettres de noblesses à la télévision, avec des séries comme Urgences, ou encore Dr House...

Savant fou ou scientifique génial?


Lorsque l'on parle de savoir, on pense souvent au "savant", le détenteur du savoir. Par déformation, le savant est devenu une entité plutôt scientifique, et, en littérature, on a deux images du savant: celle du savant fou, et celle du scientifique fantastique, deux images qui s'opposent, mais où la frontière reste mince...


Le mythe du savant fou est né avec des romans comme Frankenstein ou Dr Jekyll et Mr Hyde, des romans dans lesquels les savants étaient poursuivis ou détruits par ce qu'ils avaient inventé. Plongés dans la science jusqu'au cou, ils ont dépassé certaines limites qui les ont amenés aux portes de la folie: Frankenstein est harassé par la poursuite sans fin de sa créature, complètement affaibli. Bien souvent, les savants réalisent trop tard qu'ils sont allés trop loin, et ils ne peuvent plus reculer. Cette image n'a fait que s'amplifier avec le cinéma d'horreur: on trouve de nombreux savants fous dans ce type de cinéma, affublés d'une blouse blanche et longue, les cheveux hirsutes et les yeux exorbités...

(l'affiche de l'un des premiers films tirés de Dr Jekyll et Mister Hyde)


En France aussi, nous avons nos savants fous: dans la Recherche de l'Absolu, un des romans de la Comédie Humaine, Balzac nous dépeint un scientifique, Balthazar Claës, qui se plonge dans des recherches qui lui accaparent tout son temps et son argent, au point qu'il ne voit même pas sa famille sombrer dans la ruine et sa femme dépérir. Ici, Balzac oppose la science, qui détourne l'homme de son chemin, à la religion, l'incarnation d'une vie heureuse et simple. La science et le savoir sont vus ici comme des dangers.

Mais il existe aussi des scientifiques géniaux, notamment dans les romans de Jules Verne, où les scientifiques sont des personnages récurrents (Vingt Mille Lieux Sous Les Mers, l'Île Mystérieuse...), ou encore dans les comics, comme Watchmen avec le Docteur Manhattan, ou Hulk, avec Bruce Banner, les séries TV avec le Docteur Who...

Attardons-nous quelques minutes sur les comics; souvent, les scientifiques accèdent à leur pouvoir suite à une expérience qui tourne mal: le Docteur Manhattan devient bleu, et Bruce Banner vert. Les méchants aussi ont leurs scientifiques: le Bouffon Vert dans Spider-Man.

(Suite à une expérience qui tourne mal, Bruce Banner craque son slip, et devient Hulk)


Comme je vous le disais tout à l'heure, la frontière entre génie et folie est souvent mince. Je choisis ici deux exemples tirés du cinéma:

-Dans Sleepy Hollow, adapté librement de la nouvelle de Washington Irving, Ichabod Crane est un scientifique plutôt en avance sur son temps, puisqu'il utilise des méthodes d'investigation digne des Experts à Miami, des Experts à Manhattan et des Experts à Dunkerque. Il est un génie, mais en même temps, on ne peut nier qu'il possède une petite dose de folie qui rend ce personnage si attachant!

(le loufoque Ichabod Crane)


-Enfin, dans un autre film de Tim Burton, Edward aux Mains d'Argent, Vincent Price incarne le père d'Edward. Un peu comme Frankenstein, il crée un homme, mais meurt avant de l'avoir achevé... Ce vieux savant ressemble un peu à Gepetto, se fabriquant un fils qu'il aime et éduque...

(Tim Burton et Vincent Price sur le plateau)



Qu'il soit jeune ou vieux, sage ou fou, "l'intellectuel" compte parmi les personnages les plus utilisés en littérature, mais aussi les plus appréciés grâce à toutes les facettes qu'il propose au lecteur et à l'auteur. Personnellement, j'adore Klaus, des Orphelins Baudelaire! Et vous?

AnGee Ersatz*

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samedi 8 septembre 2012

Challenge Destins de Femmes #2: Joyce Carol Oates, Zarbie les Yeux Verts.




Bonjour à tous!

Aujourd'hui, je vous retrouve pour ma deuxième participation au Challenge de Tête de Litote, Destins de Femmes. Avant de commencer à vous parler du livre que j'ai lu pour l'occasion, je tenais à vous remercier, car vous êtes de plus en plus nombreux sur le blog, et j'en suis très touchée! N'hésitez pas à rejoindre la page Facebook aussi, vous y trouverez du contenu que j'espère intéressant!





Pour ma deuxième participation à ce challenge, j'ai décidé de vous parler d'un roman que j'ai choisi un peu par hasard dans ma librairie, Zarbie les Yeux Verts de Joyce Carol Oates. Ma mère m'avait déjà parlé de Joyce Carol Oates, et j'étais intriguée, bien décidée à découvrir son oeuvre. Le titre a attrapé mon oeil, ainsi que la couverture, montrant une fille, assez floue, rousse, dont la seule chose vraiment définie est sa main. Sans vraiment me pencher sur l'histoire, j'ai ouvert ce livre, que j'ai lu d'une traite! J'espère vraiment vous donner envie de découvrir ce roman, une excellente découverte pour moi!




Résumé: 
Francesca, alias Franky, est la fille de Reid Pierson, un ancien sportif très populaire reconverti en commentateur sportif, et de Krista. Elle vit avec sa soeur Samantha et son demi-frère Todd à Seattle, et s'apprête à rentrer au lycée. La vie est belle pour la famille. Un soir, alors qu'elle est dans une fête, un garçon plus âgé qu'elle tente de la violer. Avec une énergie qu'elle ne soupçonnait et dont elle ne se savait pas capable, Franky se défend; le garçon, paniqué, la surnomme "Zarbie les Yeux Verts".

(la couverture américaine, où les yeux de l'héroïne attire le regard du lecteur)


Mais, peu à peu, des tensions apparaissent dans le couple de ses parents: sa mère, qui ne supporte plus de faire la potiche auprès de son père dans des soirées entre gens de la haute, où personne ne la remarque, où on la dédaigne. Son rêve: devenir artiste, un rêve que son mari ne partage pas. Malgré tout, elle passe de plus en plus de temps dans un petit bungalow qui lui sert d'atelier. La famille se fracture lentement: le grand frère est parti pour ses études, les parents se croisent dans la grande maison où ils vivent. D'un côté, Franky écoute son père qui critique, violemment, son épouse, et en veut à sa mère, cette mère qui l'abandonne; mais de l'autre, Zarbie sent bien que la situation et les apparences ne sont pas forcément pas ce qu'elles ont l'air d'être...

Franky et Zarbie, l'histoire d'une évolution.
Bien plus qu'une histoire familiale, Joyce Carol Oates nous raconte ici l'évolution d'une jeune adolescente, Franky, qui cherche son identité.

Zarbie est le nom que Franky donne "affectueusement" à cette nouvelle partie d'elle qui la pousse à ne pas se laisser faire, à ne pas tout accepter, à se rebeller, à devenir maîtresse d'elle-même, une partie qu'elle cherche parfois à repousser, mais qu'elle accepte de plus en plus...

(photo trouvée sur le net. Le nouveau reflet que le miroir renvoie à Franky lui plaît, et lui fait peur en même temps...)


Dès le premier chapitre, on comprend que Franky est une adolescente qui se cherche: dans une fête avec des gens plus âgés qu'elle, elle est ravie d'arriver à attirer un beau garçon. Une quête du regard et de l'approbation qu'on retrouve à de nombreuses reprises dans le roman, en particulier face aux personnages masculins, une quête typique de l'âge adolescent. L'écrivain cherche à nous montrer la fracture qui se provoque à l'adolescence: notre héroïne est d'une part Franky, la fille qui écoute son père, le suit coûte que coûte, et d'autre part Zarbie, qui voit plus loin, une marque de rébellion, de la "femme" qui se libère de plus du joug de son père et aspire à la liberté que cherche sa mère. L'autorité de son père représente pour elle, malgré la peur qui lui inspire, la sécurité d'une famille, face à la vie de bohème de sa mère. 

Ce roman est composé de plusieurs escalades, qui créent la tension de l'histoire: l'escalade de Franky dans l'adolescence, l'escalade de l'emprise du père sur ses enfants, et surtout sur ses filles, et parallèlement à celle-ci une escalade de la violence. Plus Zarbie se manifeste, plus son père se montre violent avec elle. On le voit par exemple lors du chapitre sur le 4 Juillet. Et plus sa mère cherche la liberté, plus les mensonges se multiplient, plus Franky s'éloigne consciemment de sa mère...

(Joyce Carol Oates a particulièrement travaillé son héroïne)


Joyce Carol Oates a essayé (avec succès, je trouve) d'installer une tension toujours croissante. Du coup, elle privilégie vraiment son personnage à son histoire: certains trouveront certainement l'histoire banale, mais on ne peut pas faire l'impasse sur le personnage de Franky. Sans nous trouver dans la même situation qu'elle, nous avons tous eu, à l'adolescence, cette sensation qu'une partie de nous veut à tout prix rester en enfance, alors qu'une autre cherche à nous faire ouvrir les yeux sur la réalité des choses, même les plus dures.

Je vous conseille donc ce livre, non pas pour l'histoire, intéressante, mais pour Franky, une héroïne intéressante. J'ai beaucoup aimé la façon de dépeindre l'adolescence de Joyce Carol Oates. Je vous donne rendez-vous en Octobre pour ma troisième lecture de ce Challenge, et en attendant, sur le blog, avec d'autres articles!

AnGee Ersatz*

Si vous avez aimé...

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